Culture & Art - Tibet

    Tableau d'informations

    Le Tibet avant l'invasion
    Superficie 2,5 millions de km2 comprenant les provinces d’U-Tsang, Kham et Amdo
    Capitale Lhassa
    Population 6 millions de Tibétains
    Religion Le Bön (religion indigène du Tibet), le Bouddhisme à 90 % (Ecole : Nyingma, Sakya, Kagyu et Guélouk) et l’Islam
    Langue Tibétain (famille de langue tibéto-birmane) dont l’écrit est alphabétique (34 lettres)
    Altitude moyenne 4000 mètres
    Provinces U-Tsang (Tibet central), Amdo (Nord-Est du Tibet) et Kham (Tibet Oriental)
    Pays voisins Inde, Népal, Bouthan, Sikkim, Birmanie, Turkestan Oriental (Xinjiang), Mongolie et Chine
    Chef de l’Etat Sa Sainteté le XIVème Dalaï Lama
    Monnaie Sang
    Drapeau national Deux lions de neige, le soleil sur la montagne et les douze rayons alternées de couleurs bleue et rouge
    Divers Timbres poste. Fiscalité. Armée

    Le Tibet sous occupation
    Taille Découpé en plusieurs zones administratives : Région Autonome du Tibet (créée en 1965), Quinghai, et le reste incorporé aux provinces voisines chinoises : Yunnan, Sichuan et Gansu
    Gouvernement au Tibet occupé Communiste
    Relations avec la Chine Coloniales
    Monnaie Yuan
    Statut légal Occupé
    Altitude moyenne 4000 mètres
    Provinces U-Tsang (Tibet central), Amdo (Nord-Est du Tibet) et Kham (Tibet Oriental)
    Pays voisins Inde, Népal, Bouthan, Sikkim, Birmanie, Turkestan Oriental (Xinjiang), Mongolie et Chine
    Chef de l’Etat Sa Sainteté le XIVème Dalaï Lama
    Monnaie Sang
    Drapeau national Deux lions de neige, le soleil sur la montagne et les douze rayons alternées de couleurs bleue et rouge
    Divers Timbres poste. Fiscalité. Armée
    • 1949/1950 : Dès l’avènement de la République populaire de Chine, Mao Tsétoung déclara que le Tibet faisait partie intégrante de la "mère patrie" et l’envahit.
    • 1951 : L’accord en 17 points pour la libération pacifique du Tibet fut signé à Pékin sous menace.
    • 10 Mars 1959 : soulèvement national populaire de Lhassa contre l’occupation chinoise.

    1,2 millions de Tibétains ont perdu la vie (Tableau ci-dessous) à cause de l’invasion de leur pays par la Chine.

    Cause de la mort U-Tsang Kham Amdo TOTAUX
    Torturés en prison 93 560 64 877 14 784 173 221
    Exécutés 28 267 32 266 96 225 156 758
    Morts au combat 143 253 240 410 49 042 432 705
    Morts de faim 131 072 89 916 121 982 342 970
    Poussés au suicide 3 375 3 952 1 675 9 002
    Morts d’épuisement 27 951 48 840 15 940 92 731
    TOTAUX 427 478 480 261 304 648 1 207 387

    En 1978, seuls 13 de 6000 monastères et patrimoine historique du Tibet demeurèrent partiellement intacts. Aujourd’hui, il y a 7.5 millions de colons chinois contre 6 millions de Tibétains dans l’ensemble du territoire tibétain. Une véritable "solution finale" à la chinoise pour résoudre le problème tibétain est en cours.


    Le Tibet : l'environnement
    Superficie 2,5 millions de km2 avant l'invasion
    Nourriture de base Tsampa (farine d’orge grillé)
    Boisson nationale Thé salé au beurre et tch’ang (bière à base de céréales tibétaines)
    Animaux typiques Yak, Dri (femelle du Yak), Bharal (mouton bleu), daim musqué, antilope tibétaine, gazelle tibétaine, kyang (hémione), pica et panda géant
    Oiseaux typiques Grue à col noir, lammergeier, grande gerbe à crête, oie tête chauve, canard irisé, ibis
    Montagne la plus haute Jomo langma (Mont Everest) : 8 848 m
    Pluviosité moyenne Varie beaucoup. Dans l’ouest, elle est de 1mm en janvier jusqu’à 25 mm en juillet. Dans l’est, elle est de 25-50 mm en janvier et de 800 mm en juillet
    Ressources minérales Bauxites, uranium, fer, cuivre, chrome, charbon, sel, mica, lithium, étain, or et pétrole. En tout, 126 minéraux ont été recensés
    Fleuves principaux Zachu (Mékong), Drichu (Yangtsé), Machu (Huang Ho), Gyalmo Ngulchu (Salween), Tsangpo (Brahmapoutre), Sengué Khabab (Indus) et Langchen Khabab (Sutlej)
    Superficie des forêts 221 800 km2 avant 1942 et 134 000 km2 en 1985
    Economie Tibétains : principalement agriculture et élevage
    Chinois : principalement dans le gouvernement, le commerce et les services

    Le Tibet en exil
    Population Environs 136 000 (dont Inde 100 000, Népal 20 000, Bouthan 1 500, Suisse 2 300, Canada 500, USA 1 500, France 200)
    Gouvernement Démocratique. Systèmes de votes populaires et par collèges électoraux
    Chef de l’Etat Sa Sainteté le Dalaï Lama
    Ministères Education, Finance, Information & Relations internationales, Religion & Culture, Intérieur, Sécurité et Santé
    Elections Elections du Parlement et du Gouvernement ont lieu tous les 5 ans
    Siège du Gouvernement Dharamsala, nord de l’Inde
    Siège du Parlement Dharamsala, nord de l’Inde
    Bureaux internationaux de représentation New Delhi, Katmandu, New York, Tokyo, Genève, Londres, Moscou, Paris, Budapest, Canberra, Bruxelles, Pretoria, Taipei
    Employés du Gouvernement 2000 (chiffres fournis en 1994)
    Publications gouvernementales Shéja, Tibet Libre (tibétain), Tibetan Bulletin (anglais, hindi et chinois), Tibet Tsushin (japonais), News Tibet (anglais), Actualités Tibétaines (français)
    Publications indépendantes Mangtso, Rangzen, Dha Sar, Affaires Tibétaines, Nyentchen Thangla (tibétain), Tibetan Review, Tibet Journal, Rangzen, Lungta (anglais), Junges Tibet, Tibet Forum (allemand), xizang Luntan (chinois), des informations sont aussi publiées par des groupes de soutien dans plus de 30 pays
    Alphabétisation 60 % (92 % des enfants réfugiés tibétains sont scolarisés)
    Revenus du gouvernement Contribution annuelle volontaire, revenus commerciaux et dons
    Drapeau national Une montagne, des lions des neiges, un soleil avec des rayons rouges et bleus. Son usage est illégal au Tibet
    Jours fériés 10 Mars : anniversaire du soulèvement national
    6 Juillet : anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï Lama
    2 Septembre : jour de la Démocratie
    2 Octobre : anniversaire de naissance du Mahatma Gandhi
    10 Décembre : journée mondiale des Droits de l’Homme
    Lossar : nouvel an tibétain (fête mobile)
    Institutions principales Institut Tibétain des Arts de la Scène, Bibliothèque des Œuvres Tibétaines et des Archives, Institut de la Médecine et de l’Astrologie Tibétaines, Institut Central des Hautes Etudes Tibétaines, Institut Amnye Machen
    Langue Tibétain. Les langues et dialectes du pays d’accueil sont aussi pratiqués
    Religion L’écrasante majorité pratique le Bouddhisme tibétain. Certains demeurent Bönpo. Très peu sont musulmans ou chrétiens
    Problèmes de santé Tuberculose, malaria, troubles gastro-intestinaux
    Economie Agriculture, agro-alimentaire, artisanat, petits commerces, tissage de tapis
    Statut légal Apatrides. Un faible pourcentage des Tibétains ont acquis la naturalisation et possèdent un passeport étranger. La plupart ont un certificat d’immatriculation indien.

    Le Tibet : historique
    1063 av. J.C. Bönteun Shénrab (Fondateur de la religion autochtone : Bön)
    127 av. J.C. Le Roi Nyatri Tsenpo accéde au trône. 18 rois ont régné sur le Tibet avant le Roi Nyatri Tsenpo
    127 av. J.C. Date du début du calendrier official appelé : Année Royale Tibétaine (Ex. : 2123 année royale tibétaine en 1996-1997)
    620 A.D. Naissance du Roi Songtsen Gampo
    Introduction du Bouddhisme au Tibet
    Le ministre Tibétain Thonmi Sambhota voyage en Inde et sur la base du sanscrit, invente l’écriture tibétaine encore actuellement en usage
    755 Rois Trissong Détsen. Le 1er monastère du Tibet Samyé est construit et ordination des premiers moines bouddhistes tibétains
    817-836 Roi Tri Rélpatchène. Le Bouddhisme indien déclaré comme religion officielle d’Etat
    822 Traité conclu entre la Chine et le Tibet qui, entre autres, délimite la frontière sino-tibétaine
    838 Le Roi Langdarma est intronisé
    842 Assassinat du roi Langdarma et fin de la monarchie au Tibet
    842-1247 Période de chaos politique et absence d’autorité centrale au Tibet
    1073 Développement successif des écoles bouddhiques du Tibet : Sakya, Kagyu et Guélouk
    1254-1350 Vingt Lamas Sakya ont successivement régné sur le Tibet
    Début des relations dites de "Bienfaiteurs et Maîtres spirituels" (Tib : Tcheuyoen)
    1350-1434 Les 11 Lamas hiérarques de la lignée P’agmodrou ont régné sur le pays
    1436-1566 La puissante famille Rinpoung règne sur le Tibet
    1566-1642 3 princes du Tsang ont dirigé le pays
    1578 Attribution du titre du Dalaï Lama (« Océan de Sagesse » au 3ème Dalaï Lama par le Roi mongole Altan Khan
    1642 Vème Dalaï Lama Lobsang Gyatso au pouvoir
    Fondation du gouvernement actuel appelé : Ganden P’odrang
    1875 Naissance du 13ème Dalaï Lama Thoubtène Gyatso
    1894 Le 13ème Dalaï Lama assume le plein pouvoir
    1904 Expédition militaire britannique du Colonel Younghusband au Tibet
    1904 Traité Anglo-Tibétain
    1909 Retour du 13ème Dalaï Lama
    Les forces impériales chinoises de la dynastie Mandchoue envahissent le Tibet
    Expulsion de l’ensemble des troupes chinoises du Tibet
    1913 Proclamation de l’indépendance du Tibet
    1933 Décès du 13ème Dalaï Lama
    6 juillet 1935 Naissance de l’actuel Dalaï Lama, Sa Sainteté le XIV° Dalaï Lama, Tenzin Gyatso
    1940 Intronisation de l’actuel Dalaï Lama
    1951 Prise en charge de pleins pouvoirs par l’actuel Dalaï Lama
    Accord en 17 points pour la libération pacifique du Tibet signé à Pékin sous menace
    1954 Voyage en Chine
    1956 Voyage en Inde à l’occasion de 2 500 ans du bouddhisme
    1959 Exil du Dalaï Lama et membres de son gouvernement. 80 000 Tibétains les suivent en exil
    1965 Découpage administratif du Tibet. Création de soi-disant « Région Autonome du Tibet
    1979 Tentative de négociation entre le gouvernement chinois et Sa Sainteté le Dalaï Lama pour résoudre la question tibétaine
    La visite successive de trois délégations tibétaines envoyées par Sa Sainteté pour constater les conditions réelles du Tibet est acceptée par l’autorité chinoise
    1988 Le Plan de Paix en 5 points exposé devant le Parlement européen à Strasbourg
    1989 Prix Nobel de la Paix attribué à Sa Sainteté le Dalaï Lama, Tenzin Gyatso
    1992 Dernier contact direct entre le gouvernement chinois et le gouvernement Tibétain en exil
    1994 Sa Sainteté déclare avoir échoué dans ses efforts pour trouver une solution négociée basée sur l’ouverture
    1995 Un référendum est proposé au peuple Tibétain pour choisir l’orientation politique afin de déterminer l’avenir du Tibet et les méthodes pour y parvenir
    1996 Proposition de lancer le mouvement de satygraha (désobéissance civile et insistance sur la vérité) à l’intérieur du Tibet

    Les repères chronologiques

    TIBET

    CHINE

    RESTE DU MONDE

    Av. J.-C.

    1063 Naissance de Bötön Shenrab, fondateur de la religion bön

     

     

     

    558 Naissance de Sakyamuni Siddhartha, le Bouddha Gautama

     

     

     

     

     

     

     

    127 Début du règne de Natri Tsenpo, point de départ du calendrier tibétain

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    617 à 649 Songtsen Gampo, 32ème roi du Tibet

     

     

    641 Mariage du roi avec une princesse chinoise et une princesse népalaise. Fondation du Jokhang

     

    704 à 755 Règne de Tridé Tsukten

    710 Mariage avec la princesse Kin Tch’en

    755 à 797 Règne de Trisong Detsen

    763 Première invasion chinoise de Lhassa

    779 Fondation du monastère de Samyé

    792 à 794 Concile de Lhassa et Samyé, et édit royal établissant le mahayana

    815 à 838 Règne de Tritsug Detsen Ralpachen

    821 Traité de paix avec la Chine

    842 Meurtre du roi Langdarma

     

     

    Jusqu’au début du XIIIème siècle

    Eclatement du pouvoir tibétain entre principautés et monastères

    1040 à 1123 Milarepa, poète et mystique

    1042 à 1054 Atisha, mystique indien, prêche et meurt au Tibet

     

     

     

     

     

    1207 Délégation tibétaine auprès de Gengis Khan

    1244 Sakya Pandita nommé vice-roi du Tibet par les Mongols

    1260 Chögyal Phagpa reçoit de Kubilay, khan des Mongols, le titre de vice-roi

     

     

     

     

     

    1357 à 1419 Tsongkhapa, réformateur du monachisme et fondateur de l’ordre Gelugpa

    1391 Naissance de Gendün Drub (qui sera le premier Dalaï-Lama)

    1409 Fondation de Ganden

    1416 Fondation de Drepung

    1419 Fondation de Sera

    1434 à 1534 Cent années de luttes pour le pouvoir entre les familles princières des provinces de Ü et de Tsang

    1447 Fondation de Tashilhunpo

    1475 Naissance de Gendün Gyatso (deuxième Dalaï Lama)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1543 Naissance de Sonam Gyatso

     

    1578 Altan Khan donne le titre de « Dalaï » à Sonam Gyatso, troisième Dalaï-Lama

    1582 Fondation de Kumbum

    1589 Naissance de Yönten gyatso, quatrième Dalaï-Lama

     

     

    1617 Naissance de Ngawang Lobsang Gyatso, cinquième Dalaï-Lama

     

     

    1642 Le Mongol Gushri Khan détrône le roi de Tsang et donne au Dalaï-Lama l’intégralité du pouvoir au Tibet

    1645 Début de la construction du Potala (achevé en 1695)

    1650 Chökyi Gyaltsen, premier Panchen Lama

    1652 Visite en Chine du cinquième Dalaï-Lama

    1682 à 1697 Régence de Sangyé gyatso

    1683 Naissance de Tsangyang gyatso, sixième Dalaï-Lama

     

     

     

    1705 Invasion du Tibet par Lhabsang Khan, chef des Mongols Qoshots

    1717 Pillage de Lhassa par les Mongols Dzoungares

    1720 Corps expéditionnaire chinois à Lhassa. Intronisation de Kelsang Gyatso, septième Dalaï-Lama

     

    1758 Naissance de Jampel Gyatso, huitième Dalaï-Lama

     

     

     

     

     

     

    1774 Mission de Bogle

     

     

     

     

    1790 à 1791 Guerre avec les Gurkhas du Népal

    1806 Lungtok Gyatso, neuvième Dalaï-Lama

    1816 tsultrim gyatso, dixième Dalaï-Lama

    1838 Khedrup Gyatso, onzième Dalaï-Lama

     

    1854 à 1856 Conflit avec le Népal

    1856 Trinlé Gyatso, douzième Dalaï-Lama

     

     

    1876 Naissance de Thubten Gyatso, treizième Dalaï-Lama

    1895 Le treizième Dalaï-Lama assume le pouvoir

     

     

    1904 Expédition britannique à Lhassa

    Départ du Dalaï-Lama en exil en Mongolie et en Chine

    1909 Retour du Dalaï-Lama

    1910 Occupation de Lhassa par les troupes chinoises

    Départ du Dalaï-Lama pour l’exil en Inde

    1911 Soulèvement contre les Chinois

    1913 Retour du Dalaï-Lama

    Indépendance du Tibet

    1914 Convention de Simla entre Tibet, Grande-Bretagne et Chine (qui ne la reconnaît pas)

    1923 Départ du Panchen Lama

    1933 Mort du treizième Dalaï-Lama

    Régence de l’abbé de Reting

    1935 Naissance du quatorzième Dalaï-Lama

     

     

    1940 Intronisation du quatorzième Dalaï-Lama, Tenzin Gyatso

     

    1950 Exil du Dalaï-Lama au Sikkim et retour à Lhassa

    Premier examen de la question tibétaine à l’ONU

    1951 Entrée au Tibet de l’armée populaire chinoise. « Accord » en dix-sept points

    1954 Visite à Pékin du Dalaï-Lama

     

    1959 Départ du Dalaï-lama pour l’exil en Inde

    1960 à 1965 Installation des réfugiés tibétains en Inde et au Népal

     

    1965 Nouvel examen de la question tibétaine à l’ONU

    1967 Premier voyage à l’étranger du Dalaï-Lama

     

     

     

     

     

     

     

    1979 Visite en Chine et au Tibet de représentants du Dalaï-Lama

    1982 Nouvelle délégation tibétaine en Chine

    1985 Exposé du Plan en cinq points par le Dalaï-Lama à Washington

    1987 à 1988 Evénements tragiques à Lhassa

    1989 Le Dalaï-Lama reçoit le prix Nobel de la paix

     

     

    1028 à 256 Dynastie des Tchéou

     

    Vers 600 Naissance de Lao-Tseu

     

    551 Naissance de Confucius

     

     

    221 Ts’in Ché Houang-Ti, empereur

    214 Achèvement de la Grande Muraille

    206 à 220 AD Dynastie des Han

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    618 à 906 Dynastie des Tang

    629 à 644 Voyage de Hiuan Tsang au Tibet et en Inde

    635 Arrivée en Chine du premier moine nestorien

    650 à 683 Gao Tsong empereur. Juifs et musulmans apparaissent en Chine

    684 à 701 L’impératrice Wu Hao tente d’imposer le bouddhisme religion d’Etat

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    906 à 960 Epoque des Cinq Dynasties

    960 à 1278 Dynastie des Song

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1279 Kubilay Khan, premier empereur de la dynastie Yuan

    1275 à 1292 Séjour de Marco Polo

    1307 Montecorvino, archevêque de Pékin

     

     

    1368 à 1644 Dynastie des Ming

     

     

    1403 L’empereur Yung Lo installe définitivement la capitale à Pékin

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1582 Matteo Ricci admis en Chine

     

     

    1601 Matteo Ricci reçu à la Cour impériale

     

     

     

     

    1644 à 1911 Dynastie des Ching

    1644 à 1662 empereur Shun chih

     

     

     

    1663 à 1722 Empereur K’ang Hsi

     

     

     

     

    1689 Traité de Nertchinsk entre Chine et Russie

     

     

     

     

     

     

     

    1723 Le christianisme prohibé en Chine

    1728 Etablissement d’une garnison permanente, et des ambans à Lhassa

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1815 Rébellions musulmanes dans le Sin-Kiang

     

    1842 Traité de Nankin, cession de Hong-Kong à l’Angleterre

    1850 à 1864 Rébellion des Taïping

     

    1860 Occupation de Pékin par les Français et les Anglais

    1861 à 1875 Régence de Tseu Hi

    1893 Naissance de Mao Tsé-Toung

    1898 à 1908 Seconde régence de Tseu Hi

    1899 Révolte des Boxers

     

     

     

    1908 Mort de Tseu Hi et de l’empereur Kouang Siu

     

     

     

     

    1911 Fondation de la République

    1913 Création du Kuomintang

     

    1916 à 1926 Luttes des Seigneurs de la guerre

    1921 Création du parti communiste chinois

     

    1934 à 1935 Longue Marche

     

     

    1937 Début de la guerre avec le Japon

     

     

     

     

    1949 Proclamation de la République populaire

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1966 à 1976 Révolution culturelle

     

    1971 Admission de la République populaire de Chine à l’ONU

    1976 Mort de Mao Tsé-Toung

    1977 Retour au pouvoir de Deng Xiao-Ping

    1978 Réhabilitation de Confucius

    Traité de paix avec le Japon

     

     

    1985 Réouverture de la cathédrale catholique de Pékin

     

    1988 Consécration de deux évêques protestants à Shanghai

    1989 Evénements de la place Tienanmen

     

     

     

     

     

    751 Fondation de Rome

    628 Naissance de Zarathoustra

    586 à 538 Exil du peuple juif à Babylone

     

    332 Victoire d’Alexandre le Grand sur les Perses à Issos

     

     

     

     

     

     

     

     

    52 Défaite de Vercingétorix à Alésia

    30 Mort du Christ

     

    212 Edit de Caracalla : tous les habitants de l’Empire sont faits citoyens

    312 Victoire de Constantin auport de Milvius

    313 Edit de conversion au christianisme

    361 à 363 Julien l’Apostat

    496 Victoire de Clovis sur les Alamans

    498 Baptême de Clovis

    537 Construction de Sainte-Sophie de Constantinople

    567 (ou 572) Naissance de Mahomet

     

    622 L’Hégire

     

    638 Prise de Jérusalem par les Arabes

     

     

     

     

    692 Prise de Carthage par les Arabes

     

    732 Bataille de Poitiers

     

     

     

     

     

    785 à 809 Haroun al Rashid

     

     

    800 Sacre de Charlemagne

     

     

     

     

     

     

    911 Installation des Normands en France

     

    987 Conversion de la Russie au christianisme

     

     

     

    1054 Schisme grec

    1066 Bataille de Hastings

    1099 Prise de Jérusalem par les Croisés

    1118 Fondation des Templiers

    1187 Prise de Jérusalem par Saladin

    1215 Fondation officielle de l’université de Paris

    1250 Saint Louis captif en Egypte

     

     

     

     

     

     

    1309 La Papauté s’installe à Avignon

    1314 Fin des Templiers

    1356 La Bulle d’Or évince le pape de tout rôle dans l’élection de l’Empereur

     

     

    1405 Mort de Tamerlan

     

     

     

     

     

     

     

    1453 Chute de Constantinople

     

    1492 C. Colomb découvre l’Amérique

    1494 Vasco de Gama ouvre la route maritime des Indes

    1517 Proclamation de Luther à Wittenberg

    1529 Siège de Vienne par les Turcs

    1526 à 1658 Empire Moghol sur l’Inde

    1540 Fondation de la Compagnie de Jésus

     

     

     

     

     

     

    1594 Edit de Nantes

     

    1613 Fondation de la dynastie des Romanov

    1620 Le Mayflower au Massachusetts

    1633 Condamnation de Galilée

     

     

     

     

    1648 Fronde de Paris

    Exécution de Charles Ier d’Angleterre

    Fin de la guerre de Trente Ans

     

     

    1683 siège de Vienne par les Ottomans

    1685 Révocation de l’Edit de Nantes

    1689 Guillaume d’Orange, roi d’Angleterre

    1696 Pierre le Grand, tsar de Moscou

    1710 Destruction de Port-Royal

    1713 Mort de Louis XIV

     

     

     

     

     

    1747 Création de l’Afghanistan par Ahmed Shah Dourrani

    1752 L’Encyclopédie

    1764 Expulsion des Jésuites de France

    1768 Le royaume du Népal unifié par Prithivi Narayan

    1769 Naissance de Napoléon

    1772 Premier partage de la Pologne

    1773 Suppression de la Compagnie de Jésus par le pape Clément XIV

    1776 Indépendance des Etats-Unis

    1787 Reconnaissance légale des protestants en France

    1804 Napoléon Ier empereur

     

     

     

    1839 à 1842 Défaite des Anglais à Kaboul

     

     

     

     

     

     

    1864 à 1865 Conquête russe de l’Asie centrale

    1891 Encyclique Rerum novarum sur la condition ouvrière

     

     

    1904 Guerre russo-japonaise

    1905 Insurrection à Moscou

     

     

    1910 Protectorat français au Maroc

     

     

     

     

     

     

     

    1914 Première guerre mondiale

     

    1921 Indépendance de l’Afghanistan et de la Mongolie

     

    1933 Hitler au pouvoir

     

    1935 Invasion de l’Ethiopie par l’Italie

    guerre civile en Espagne

    1939 seconde Guerre mondiale

     

     

    1947 Indépendance de l’Inde

    1948 Création de l’Etat d’Israël

     

     

     

     

     

     

    1953 Mort de Staline

    1954 Début de la guerre d’Algérie

    1957 Traité de Rome créant la CEE

     

     

    1962 Indépendance de l’Algérie

    1963 Assassinat de Kennedy

    1964 Mort de Nehru

    1965 guerre entre l’Inde et le Pakistan

     

    1968 Mouvement étudiant dans le monde

     

    1975 Proposition Népal zone de paix

     

     

     

    1979 Invasion de l’Afghanistan par l’URSS

     

     

     

     

     

     

     

     

    1989 Chute du mur de Berlin

     

     

    Référence : "Histoire des Dalaï-Lamas-Quatorze reflets sur le Lac des Visions" de Roland Barraux

    Les faits

    Le Tibet a existé en tant qu’état indépendant pendant presque 2000 ans avant que la Chine communiste n’envahisse et n’occupe le pays en 1949.
    Le Tibet est situé au cœur même de l’Asie entre la Chine et l’Inde. Il couvre un territoire de 2,5 million de km2 et est habité par le peuple tibétain dont la culture et le mode de vie sont totalement différents de celui des pays environnants. Les tibétains ont développé une culture unique et extrêmement riche accompagnée d’une tradition spirituelle, d’une langue distincte, d’immenses bases littéraires et d’œuvres d’art accomplies.

    La civilisation tibétaine née il y a des milliers d’années apporte une contribution précieuse à l’héritage du genre humain.
    Aujourd’hui, cette civilisation est en danger d’anéantissement total par la seule volonté des autorités chinoises. La culture tibétaine ainsi que son identité nationale sont systématiquement détruites et remplacées par des substituts chinois.

    Plus d’un million deux de tibétains soit 1/6 de la population totale est morte au Tibet depuis 1946 suite à des persécutions politiques, des emprisonnements, des tortures, des famines. Plus de 6 000 riches centres culturels et religieux ont été détruits. Sa Sainteté le Dalaï Lama, chef spirituel et politique de 6 millions de tibétains a été obligé de fuir le Tibet en 1959 pour trouver refuge en Inde. Il fut suivi dans sa fuite par à peu près 85 000 tibétains qui dans un premier temps trouvèrent refuge en Inde, au Népal et au Bouthan.

    Le statut du Tibet

    Le Tibet était indépendant de fait ce qui rendit hors la loi l’invasion de 1949. Tout au long de son histoire, le Tibet a possédé tous les attributs d’un état indépendant reconnu comme tel par la loi internationale. Il avait un territoire défini, une population habitant ce territoire, un gouvernement et la possibilité d’avoir des relations internationales de territoire du Tibet. Ce territoire correspond en majorité au plateau géologique du Tibet et couvre 2,5 millions de km2. La population du Tibet, au moment de l’invasion chinoise était de plus de 6 millions.
    Cette population forme un peuple, une race distincte avec une longue histoire, une culture très riche et une forte tradition spirituelle.

    Le gouvernement du Tibet est basé à Lhassa, capitale du Tibet. Il est formé par le Chef du gouvernement (Sa Sainteté le Dalaï Lama), le cabinet des ministres (le Kashag), l’Assemblée Nationale (le Tsongdu) et une bureaucratie pour administrer le territoire tibétain.
    Le Tibet avait sa propre législation, une armée nationale, un service postal, une monnaie, des relations et des échanges internationaux.
    Les relations internationales du Tibet étaient focalisées sur ses voisins. Le Tibet maintenait des relations diplomatiques, économiques et culturelles avec par exemple le Népal, le Bhoutan, le Sikkim, la Mongolie, la Chine, l’Inde et jusqu’à un certain point avec la Russie et le Japon.
    L’indépendance de la politique étrangère du Tibet a été démontrée de façon évidente lors de la dernière guerre mondiale. En dépit des fortes pressions exercées par l’Angleterre, les USA et la Chine quand le Japon a fermé la route stratégique de Burma. Le Tibet s’en est tenu à sa déclaration de neutralité. Les alliés ont donc été contraints à respecter ce choix.

    L’invasion du Tibet

    Le point de rupture dans l’histoire du Tibet a été atteint en 1949 quand "l’armée de libération" de la République de Chine est entrée au Tibet après avoir écrasé la petite armée tibétaine et occupé la moitié du pays. Le gouvernement chinois a imposé en mai 51 "l’accord en 17 points" au Gouvernement tibétain pour une "libération pacifique du Tibet". Comme celui-ci avait été signé sous pression, cet accord n’a pas été invalidé au niveau international.

    Comme la résistance contre l’occupation chinoise se renforçait, spécialement dans l’est du Tibet, la répression chinoise, qui incluait la destruction des bâtiments religieux ainsi que l’emprisonnement des moines et autres leaders, a dramatiquement augmenté. En 1959, la révolte populaire était à son apogée et se traduisait par des manifestations massives à Lhassa. Lorsque la Chine en eut fini avec la révolte, 87 000 tibétains étaient morts dans la seule région de Lhassa et Sa Sainteté le Dalaï Lama avait fui le Tibet.

    Le Tibet et l’Inde

    Les relations entre l’Inde et le Tibet ont toujours été proches et fraternelles spécialement depuis le 7ème siècle quand le bouddhisme est passé de l’Inde au Tibet. Depuis lors, le peuple tibétain a toujours considéré l’Inde comme un guide spirituel. Les anciens textes tibétains font référence à l’Inde comme Arya Bhumi. Le pays d’exaltation. Décrivant les relations du Tibet avec l’Inde, le Dr Ram Manohar Lohia dit : "le Tibet a des liens plus solides avec l’Inde qu’avec la Chine, des liens linguistiques traditionnels et culturels sans parler des affinités d’ordre stratégiques entre l’Inde et le Tibet".

    Pendant des siècles, le Tibet a servi d’efficace zone tampon entre l’Inde et la Chine. Mais tout cela a changé après l’invasion de la Chine Communiste et l’occupation du Tibet. En 1950, quand la plus grande ville de l’Est du Tibet, Chamdo, est tombée entre les mains des Chinois, le consul de l’Inde à Lhasa, la capitale du Tibet, a envoyé un message urgent à Delhi, qui, rétrospectivement, s’est avéré prophétique. Il écrivit "Les Himalayas ont cessé d’exister, les chinois ont envahi le Tibet". Il sous-entendait que les frontières Nord de l’Inde n’étaient plus protégées des agressions extérieures. Durant un débat, Lok Shaba le 8 mai 1959, Acharya Kriplani a conclu par : "Nous sommes intimement concernés car la Chine a détruit un état tampon. En politique internationale, quand un état tampon est détruit par une grande puissance, on considère que cette même nation a commis une agression envers ses voisins". L’Inde accorda la reconnaissance à la Chine en 1949. En 1954, le Dr B.R. Ambedkar, lors de la discussion au parlement à propos de "l’argument Panchsheel" avec la Chine, a souhaité que l’Inde ait accordé cette reconnaissance au Tibet plutôt par la Chine et que dans ce cas il n’y avait pas de conflit sino-indien aux frontières.

    Avec l’occupation du Tibet par la Chine, les troupes indiennes et chinoises se trouvent face à face sur la frontière himalayenne pour la première fois de leur histoire. Le premier conflit sanglant entre les 2 états s’est déroulé en 1962. Quand le Tibet était libre, l’Inde n’avait besoin que de 1 500 personnes pour surveiller ses frontières avec le Tibet. Aujourd’hui, l’Inde estime qu’elle dépense de 55 à 65 "crores" par jour afin de garder ces mêmes frontières contre plus de 300 000 troupes chinoises stationnaires dans ce que les chinois appellent "La région autonome du Tibet" et qui ne comprend à peu près qu’une moitié du territoire tibétain, l’autre moitié étant incorporée aux provinces chinoises.

    La destruction de l’identité tibétaine

    Les autorités chinoises essaient systématiquement de détruire l’identité profonde du peuple tibétain par des persécutions religieuses, des violations persistantes des Droits de l’Homme, la destruction totale des bâtiments religieux et historiques, celle de l’environnement, la militarisation du pays et le transfert de milliers de chinois au Tibet.

    Le transfert des populations

    La menace la plus sérieuse à laquelle les tibétains sont confrontés est l’afflux massif de civils chinois au Tibet. Cet afflux prend ses racines dans de très anciennes directives communistes qui sont d’assimiler le Tibet et les tibétains à la Chine. Cette menace a atteint un point tel que l’identité distincte des tibétains, leur ancienne civilisation submergée et son existence personnelle sont mises en péril.
    Aujourd’hui, les 6 millions de tibétains du Tibet sont colonisés par une population de 7,5 millions de chinois. A Lhassa avant 1950 il n’y avait pratiquement pas de chinois. Aujourd’hui, le pourcentage entre chinois et tibétains atteint les 3/1. Parmi les 12 827 boutiques et restaurants, moins de 300 appartiennent à des tibétains. Dans la province tibétaine de l’Amdo, qui porte maintenant le nom de Quinghaï, en se basant sur les statistiques purement chinoises, en 1990, sur une population de 4,45 millions d’âmes seulement 20 % étaient des tibétains et le reste des chinois. Le résultat de ce transfert de population est que les tibétains sont en général marginalisés dans les sphères économiques, politiques et sociales, l’impact de cette politique est un impact à long terme sur l’identité même du peuple tibétain en tant que peuple distinct avec une culture distincte.
    De plus, la politique chinoise de contrôle drastique des naissances au Tibet menace également l’identité tibétaine. Jusqu’à aujourd’hui, des milliers de femmes tibétaines ont subi des avortements et des stérilisations forcées. Ce changement massif a entraîné, a créé un déséquilibre démographique qui a, lui aussi, de sérieuses conséquences pour la paix et la sécurité de la région. Une fois le Tibet peuplé de chinois, sa position historique de zone tampon disparaîtra.

    La destruction systématique de la Culture et de l’identité tibétaines

    Dès le tout début de l’invasion du Tibet, les chinois ont décidé de museler la culture et la religion tibétaines. Rapidement, cette escalade a mené à la période de lutte dans laquelle des figures religieuses ainsi que des leaders locaux ont été torturés et assassinés. Plus de 6 000 monastères bouddhiques ont été détruits. Toutes les statues et les œuvres d’art ayant trait à la religion ont été détruites ou volées, la politique chinoise visant à amener graduellement et naturellement à la mort la culture et la religion tibétaines.

    La destruction de l’environnement

    Sous la botte chinoise, la destruction de l’environnement au Tibet est sans précédent. Une vie sauvage très riche, des forêts, des plantes, des minéraux et les ressources en eau ont subi une dégradation irréversible et le fragile équilibre écologique en est gravement perturbé.
    A la fin 85, la Recherche estime que les autorités chinoises auront détruit pour 54 billions de dollars de bois d’œuvre dans de riches réserves forestières du Tibet. Dans l’Amdo, 50 millions d’arbres ont pratiquement été abattus depuis 1955 et des milliers de km2 de forêt, 70 % des forêts ont disparu.
    Des conditions similaires sont observées dans d’autres régions du Tibet, particulièrement dans l’Est et le Sud. Les principales rivières de l’Asie prennent leur source au Tibet. La déforestation du Tibet amène donc à la montée des rivières causant des inondations dans tous les pays environnants, incluant même la Chine en 87-88, l’inondation du Brahmapoutre causa 35 % de plus d’inondation en Inde. La déforestation du Tibet accentue les risques de déstabilisation.

    La militarisation du plateau tibétain

    La Chine a transformé la zone tampon autrefois paisible entre l’Inde et la Chine en vaste zone militaire.
    La militarisation du plateau tibétain affecte profondément l’équilibre géopolitique de la région en causant des tensions internationales sérieuses particulièrement avec le sous-continent indien. Aujourd’hui, la présence militaire chinoise au Tibet comprend de 300 000 à 500 000 troupes stationnées de façon permanente au Tibet central près de la frontière indienne : 17 stations secrètes de radar, 14 aéroports militaires, 5 bases de missiles à Kongpo Nyingtri, Powo Tramo, Rudok, Golmu et Nagchu, au moins 8 ICBMs, 70 missiles de moyenne portée et 20 de portée intermédiaire. Burma, le Cambodge, le Vietnam et la plupart des villes les plus peuplées de l’Inde sont sous la menace de ces missiles nucléaires. De plus, la Chine utilise également le Tibet pour des exercices de guerre chimique et d’enfouissement de déchets nucléaires ainsi que de déchets toxiques en provenance d’autres pays contre le versement d’importantes sommes d’argent.

    Le train et la colonisation

    Le 29 juin 2001, la Chine a lancé son projet de ligne de chemin de fer de 1 118 km qui reliera Lhassa et Gormo. Il est difficilement envisageable que de quelconques considérations économiques puissent justifier l’énorme coût et les difficultés techniques entraînés par ce projet pharaoniques. Ce ne sont donc que des considérations politiques et militaires qui sont la clé de la détermination chinoise à construire cette ligne menant à Lhassa, à 600 km de Kolkota.
    Un universitaire indien, le Dr Subhash Kapila a dit que l’arrivée de cette ligne doublera au moins le déploiement militaire au Tibet et dans la région de frontières indo-tibétaine et Pékin semble être en mesure de le soutenir logistiquement. Le Président Jiang Zemin a dit à New-York que le projet serait accompli quel qu’en soit le coût et que peu importait le fardeau, que ce serait pour le trésor public chinois. Il a ajouté que cette nouvelle voie de chemin de fer leur permettrait d’augmenter le déploiement des missiles et avions chinois.
    Les médias chinois indiquent que la base PLA à Gormo peut être étendue de différentes façons une fois connectée à Lhassa par le chemin de fer. Cela facilitera également l’expansion des bases de PLA à Kongpo et dans d’autres parties du Tibet du Sud-Ouest. Ceci deviendra une réalité quand la seconde phase d’expansion de la ligne de Lhassa à Dali au Yunnan sera terminée.

    Coup d’œil sur la réglementation chinoise au Tibet
    • Plus de 1,2 million de tibétains ont été tués
    • Plus de 6 000 monastères ont été détruits
    • Des milliers de tibétains sont encore emprisonnés pour avoir simplement exercé leurs droits ­fondamentaux
    • Les ressources naturelles du Tibet et sa fragile écologie sont irréversiblement détruites
    • Il existe des preuves irréfutables que le Tibet est utilisé comme poubelle à déchets nucléaires
    • Les 6 millions de tibétains ont été surpassés en nombre par les chinois, 7,5 millions
    • Le Tibet qui fut un état tampon paisible entre l’Inde et la Chine a été transformé en vaste base militaire

    43 ans de lutte et de reconstruction

    A la suite de violentes répressions du soulèvement du peuple tibétain contre l’occupation chinoise le 10 mars 1959, Sa Sainteté le Dalaï Lama et les membres du gouvernement, suivis par 80 000 tibétains, ont fui le Tibet pour chercher un asile en Inde et dans les pays avoisinants. En exil, le gouvernement tibétain s’est réorganisé autour de principes démocratiques modernes. Une nouvelle charte des tibétains en exil a été adoptée pour le fonctionnement de l’Administration Centrale Tibétaine (Gouvernement en exil). Il est aidé pour ce faire par un concile de ministres rémunéré par le Kalon Tripa (C.E.) élu directement par le peuple. L’Assemblée des Députés du Peuple Tibétain (ATPD) a les mêmes buts que le Parlement tibétain en exil et ses membres sont démocratiquement élus par le peuple.
    L’administration centrale tibétaine comprend plusieurs départements, religion et culture, famille, éducation, sécurité, santé, finances, information et relations internationales. En dehors de ces départements, il y a également la cour de justice, l’audit, le service publique et les commissions d’élection établis spécialement à travers la charte. Pour les tibétains à l’extérieur ainsi qu’à l’intérieur du Tibet, le Gouvernement en exil, avec à sa tête Sa Sainteté le Dalaï Lama, est le seul Gouvernement légitime du Tibet.

    Le soutien international

    Le futur du Tibet est d’actualité. Il bénéficie d’un support international grandissant. Aujourd’hui il y a à peu près 400 groupes de soutien pour le Tibet dans plus de 50 pays, 400 groupes d’étudiants pour un Tibet libre dans les lycées collèges et universités dans le monde et groupes parlementaires pour le Tibet dans plus de 12 pays incluant l’Inde.
    Depuis 1986, plus de 50 résolutions, notes, motions de censure, consultations et débats à propos des décisions gouvernementales ont vu le jour dans le monde. Des délégations de parlementaires sont allées se rendre compte de ce qui advenait du Tibet, délégations australiennes, européennes, américaines, autrichiennes et autres visites non officielles de parlementaires ont attiré l’attention sur la véritable situation du Tibet.
    Depuis le futur du Tibet a été débattu aux Nations-Unies à propos des Droits de l’Homme dans chacune de ses sessions et a gagné le support des pays développés et en voie de développement.

    La lutte tibétaine pour la liberté

    En dépit de longues années d’oppression et d’atrocités commises, l’esprit de lutte des tibétains reste vivace et fière. De septembre 87 à 95, il y a plus de 150 manifestations populaires contre l’oppression chinoise. Des centaines de tibétains sont morts lors de ces manifestations et bien plus jetés en prison. La lutte des tibétains n’est pas encore terminée. Ils ont conscience que leur choix de la liberté ne peut être atteint sans le concours du monde entier et spécialement de l’Inde.

    Un appel à l’aide

    Le peuple tibétain vivant à l’intérieur et à l’extérieur du Tibet en appelle au grand peuple indien et au monde libre pour les aider et les soutenir dans leur lutte pour la liberté, la survie de leur identité et de leur civilisation contre l’extinction. Vous pouvez les aider et soutenir leur cause des manières suivantes :

    • Exprimer votre soutien à l’autonomie du peuple tibétain en écrivant aux journaux et aux magazines
    • Ecrire à vos parlementaires à propos du Tibet et leur demander de soulever des questions sur le futur du Tibet au Parlement
    • Demander à vos parlementaires de soutenir les initiatives de Paix du Dalaï Lama pour le Tibet
    • Faire pression sur votre gouvernement afin qu’il révise sa position politique sur le Tibet
    • Faire pression sur votre Gouvernement afin qu’il soutienne la résolution prise par les Nations-Unis sur le Tibet
    • Demander à vos parlementaires et à votre Gouvernement de reconnaître le Gouvernement en exil dirigé par Sa Sainteté le Dalaï Lama
    • Constituer des groupes de soutien pour le Tibet et informer les personnes habitant votre région sur le Tibet et les tibétains

    Source : Tibet, les faits
    Department of Information and International Relations, Central Tibetan Administration
    Dharamsala – 176215, Himachal Pradesh, India, 2002

    La biodiversité du plateau au Tibet

    "Le Toit du Monde", "Shangri-la", "le Troisième Pôle", "l’Horizon Perdu" et bien d’autres surnoms similaires traduisent la fascination qu’a exercé le Tibet sur de nombreux aventuriers et explorateurs à travers le monde. Les premiers voyageurs qui visitèrent le Tibet, et ceux qui s’y sont rendus après eux, ont été nombreux à décrire la caractère unique de la culture et de la tradition de ce pays en des termes qui laissaient transparaître le sentiment de découverte mystérieuse qu’ils avaient pu éprouver.
    Néanmoins, aucune étude de fond n’a jamais été menée sur l’écosystème tibétain. Le Tibet est l’un des rares pays au monde dont la faune et la flore, et ce malgré leur richesse, n’ont fait l’objet que d’études restreintes. Aujourd’hui encore, certaines espèces n’ont toujours pas été étudiées de façon véritablement scientifique, et d’autres restent même à découvrir.

    Le Sénateur Bob Brown de Tasmanie a déclaré lors de la Conférence sur les Espèces Menacées du Tibet, qui a eu lieu à Sydney le 28 septembre 1996, que les trois régions les plus importantes de notre planète sont l’Antarctique, l’Amazonie et le Tibet. Les deux premières bénéficient, dans l’ensemble, d’une certaine protection, de l’intérêt de la communauté internationale et du souci croissant de les voir préservées. Le Tibet, quant à lui, demeure jusqu’à présent quelque peu ignoré.

    Cet article vise à fournir une vue d’ensemble de la biodiversité du Plateau Tibétain. Ses buts sont nombreux :

    • Mettre au jour la biodiversité du Plateau Tibétain que l’on croit trop souvent sec et désert.
    • Rechercher une participation et une aide internationales pour la préservation de la faune et de la flore tibétaines.
    • Faire prendre conscience à tous de la tragédie que vivent le Tibet et son environnement sous l’occupation chinoise.
    • Et, par dessus tout, rappeler à la jeunesse tibétaine d’aujourd’hui, tout comme aux amis du peuple tibétain, que le Tibet n’est pas uniquement cette étendue stérile et froide que certains livres de fiction et films hollywoodiens se sont plus à dépeindre.

    Le Tibet constitue le dernier sanctuaire au monde de certaines plantes et espèces animales rares. Ceci est avant tout dû à la longue période d’isolement qu’a connue ce pays, ainsi qu’à la protection naturelle qu’a représentée pendant des siècles une chaîne de montagnes majestueuses qui s’élancent vers le ciel.

    Cette protection naturelle s’est vue renforcée par la croyance du bouddhisme tibétain en une existence menée en harmonie avec la nature. Dans l’année du Cheval d’Eau (1642), Sa Sainteté le Cinquième Dalaï-Lama devint le mentor spirituel et politique du Tibet. A partir de ce moment, dans le courant du dixième mois de chaque année, on a publié un nouveau Décret pour la Protection des Animaux et de l’Environnement au nom du Dalaï-Lama. Ce sont ces facteurs naturels et humains qui ont permis de préserver des myriades d’espèces différentes sur le Plateau.

    L’explorateur britannique, Kingdom Ward, a écrit lors d’un séjour au Tibet avant la Première Guerre Mondiale : "Jamais auparavant je n’avais vu autant d’espèces différentes d’oiseaux en un même endroit, un jardin zoologique aussi riche".
    Dans les années quarante, l’aventurier américain Leonard Clark déclarait : "A quelques minutes d’intervalle, nous apercevions un ours, un loup en chasse, des troupes de cerfs musqués, des kiang (ânes sauvages), des gazelles, des béliers à grosses cornes ou des renards. Ce doit être l’un des derniers grands paradis pour le gibier qui existent encore".

    Cependant, après l’invasion du Tibet par la Chine en 1949, la croyance du peuple tibétain en un système respectueux de l’environnement fut bafouée, les moines et les nonnes tibétains persécutés, et des milliers de monastères détruits dans le processus de transformation de la terre pacifique du Tibet en une zone socialiste. La folie communiste s’en prit même à la faune et à la flore tibétaines qu’elle décima dans un accès de vengeance. Aujourd’hui, sous le régime communiste, une menace d’extinction plane sur d’innombrables espèces alors que leurs lieux de prédilection sont victimes de la politique aveugle de la Chine.

    Qu’est-ce que la biodiversité ?

    La biodiversité est l’abréviation de "diversité biologique". Au sens large, le terme "biodiversité" recouvre toutes les espèces de plantes, d’animaux, de micro-organismes, ainsi que leurs particularités génétiques et les écosystèmes dont ils font partie (qui sont eux mêmes très souvent le résultat d’une évolution de plusieurs millénaires).
    La biodiversité dans son ensemble est la plupart du temps divisée en trois sous-catégories fondamentales : la diversité génétique, la diversité des espèces et la diversité des écosystèmes. Pour des raisons pratiques, c’est surtout à la diversité des espèces que nous nous intéresserons ici.

    Le Plateau Tibétain

    Le Plateau Tibétain domine la partie centrale du continent eurasien. Il est bordé par la chaîne des Himalayas au sud et s’étend jusqu’aux montagnes de l’Altyn Tagh et de Gangkar Chogley Namgyal au nord. Sa partie occidentale se fond dans les montagnes Karakoram et il descend plus progressivement à l’est avec les montagnes Minyak Gangkar et Khawakarpo. Le Plateau Tibétain est le plus vaste et le plus haut du globe. Il s’étend sur plus de 2,5 millions de kilomètres carrés. Son altitude moyenne dépasse les 3900 mètres et il compte de nombreux pics de plus de 8000 mètres. On y trouve une variété de paysages qui va des étendues lunaires de certains endroits du Tibet méridional à la luxuriance des forêts tropicales du Tibet oriental.

    Topographie naturelle

    Selon les géologues, le sous-continent indien se serait déplacé vers le centre de l’Asie il y a environ 17 millions d’années pour former le plus haut plateau du monde : le Plateau Tibétain.
    En s’appuyant sur la topographie naturelle, il est possible de diviser le Tibet en quatre zones différentes : vallées et régions plus sèches au sud, plateau au nord, régions de hautes montagnes et de vallées fluviales au sud-ouest, et régions humides et forestières à l’est. Du nord au sud, les zones climatiques varient entre un climat polaire glacial et aride et un climat tropical et humide de basse montagne.
    Une configuration géomorphologique unique, des conditions géographiques complexes, un climat diversifié et une évolution géologique particulière ont fait du Plateau Tibétain un centre privilégié pour la composition et la différenciation des espèces montagnardes du monde, en particulier pour ce qui est de la faune et de la flore boréales.
    Le réseau hydrologique du Tibet est formé d’un système fluvial interne et d’un système externe. Les rivières et cours d’eau internes coulent généralement lors de saisons déterminées et forment de nombreux lacs et étangs dans les bassins du Plateau.
    Le Plateau Tibétain présente plus de quinze mille lacs. Les lacs principaux sont le Tso-ngonpo (lac Kokonor) qui est le plus grand, le Namtso (Tengri Nor), le Yadrok Yumtso (lac Yamdrok) et le Mapham Tso (lac Mansarowar).
    Le système fluvial externe se trouve, quant à lui, essentiellement à l’est et au sud-est du Tibet.
    C’est au Tibet que l’on trouve les sources principales de dix des plus grands fleuves d’Asie : le Yarlung Tsangpo (le Brahmapoutre), le Satluj, l’Indus, le Yangtze, le Salween, l’Arun, le Mekong, le Kamali, le Fleuve Jaune, le Drukchu ainsi que de nombreux affluents qui se déversent en Asie.
    Ces fleuves et leurs affluents représentent une source de vie indispensable pour les millions d’habitants du continent. Les chiffres que nous possédons montrent que du Tibet dépendent la vie de 47 % de la population mondiale et de 85 % de la population totale de l’Asie.

    Distribution de la biodiversité

    La vaste étendue du Plateau Tibétain connaît d’importantes variations climatiques qui sont le fruit d’un système de circulation atmosphérique unique au monde, système qui provient d’un fort effet de chaleur insulaire et des grandes variations d’altitude que présente le relief. Ces conditions exceptionnelles procurent une diversité naturelle d’habitat à des espèces complexes de la flore et de la faune. Les régions de l’est et du sud-est sont arrosées par la mousson de juin à septembre et elles présentent une multitude d’espèces animales et végétales dont beaucoup sont rares et menacées.

    Le plateau constitue le centre de différenciation du Rhododendro, de la Priumla, de la Saussurea et du Pedicularis. On compte en tout 400 espèces de Rhododendron sur le Plateau, c’est-à-dire environ 50 % des espèces connues dans le monde entier.

    De nombreuses espèces végétales endémiques telles que les Circaeaster, Himiphrogma, Chionocharis, Milula, Cyananthus, Leptocodon, Maharanga, Pegia, Chamasium et beaucoup d’autres encore sont présentes sur le Plateau Tibétain.

    En fait, il faut rappeler que certaines plantes exotiques que l’on trouve aujourd’hui en Occident (telles que le rhododendron, la saxifrage et le paeonia) furent rapportées du Tibet par les premiers visiteurs occidentaux qui s’y rendirent comme le botaniste britannique Kingdon Ward qui vint au Tibet à la recherche de plantes exotiques en 1919.
    Lorsque Leonard Clark, l’aventurier américain, revint du Tibet en 1948 avec de précieux échantillons botaniques, il écrivit : "Je fus surpris d’entendre nos scientifiques déclarer que l’herbe constituait l’un des fondements de la célèbre puissance guerrière des Mongols, une herbe forte convertie en une chair excellente, l’une des meilleurs au monde. Je prélevai donc des échantillons d’herbe et des graines dans l’espoir d’en transférer le pouvoir aux pâturages d’Amérique et d’Europe".

    Selon Wu et Feng (1992), on trouve sur le Plateau Tibétain plus de 12000 espèces appartenant à 10 genres de plantes vasculaires, ce qui représente plus de la moitié de toutes celles que l’on peut trouver en Chine. On y compte plus de 5000 espèces appartenant à 700 genres de champignons (soit 82,4 % de celles que l’on trouve en Chine) ainsi que 210 espèces appartenant à 29 familles de mammifères (65,90 % des familles présentes en Chine).

    On compte aussi plus de 532 espèces d’oiseaux réparties en 57 familles, soit approximativement 70,37 % des espèces que l’on trouve en Chine, et 115 espèces de poissons qui représentent 6,28 % du total chinois.
    Si l’on se base sur la théorie d’Ellenbeg (1973) pour déterminer les écosystèmes de la planète, le Plateau Tibétain contient l’intégralité des macro-écosystèmes terrestres : forêts, maquis, steppes et formations aquatiques. De tels écosystèmes ne sont plus généralement présents qu’à l’échelle des continents.
    La répartition des espèces animales et végétales sur le Plateau est des plus inégales de par les différences de topographie et de climats. Le Chang Thang (le Plateau Septentrional en tibétain), par exemple, s’étend sur un quart du Plateau Tibétain mais n’abrite qu’un dixième des espèces que l’on trouve sur le Plateau.
    A l’opposé, les Himalayas et les montagnes Hengduan (c’est-à-dire les régions des montagnes Khawakarpo au sud et au sud-est du Tibet) représentent moins d’un cinquième du Plateau Tibétain mais accueillent plus de 80 % des espèces vivant sur le Plateau.

    Forêts du Tibet de l’est et du sud-est

    La plupart des espèces animales et végétales rares ont élu domicile dans les forêts du Tibet de l’est et du sud-est car la ceinture forestière y offre une variété importante d’habitats et parce qu’il y règne un climat approprié. Les animaux rares que l’on trouve dans ces régions forestières sont le panda géant, le cerf aux lèvres blanches, le takin, le cerf musqué, le goral, des oiseaux tels que le monal des Himalayas, le coq des neiges, le tragopan satyre, la perdrix tibétaine et le faisan écarlate, pour ne citer qu’eux.

    Selon Du Quing (1987), les forêts du sud-est de l’Amdo sont célèbres non seulement pour la variété de leurs essences, mais aussi pour leur densité impressionnante. Par exemple, on trouve des forêts de sapins vieux de 200 ans dans les vallées du comté de Tramo (Bomi en chinois). Le diamètre moyen de ces arbres est de 92 centimètres et ils atteignent 57 mètres de hauteur, ce qui donne une densité maximale de 2000 à 2500 mètres cubes par hectare, avec une croissance annuelle moyenne de 10 à 12 mètres cubes par hectare. Lorsque l’un des ifs immenses d’une circonférence de 7 mètres que l’on y trouve s’est abattu sur la route, il a fallu plus d’une journée à une escouade de soldats de l’Armée de Libération du Peuple Chinois pour le couper en deux.

    La faune sauvage

    Les biologistes chinois qui ont effectué des recherches dans la province de l’Amdo (Quinghai en chinois) y ont recensé 10 millions d’oiseaux appartenant à 200 espèces différentes, ce qui représente environ un tiers de la population totale des oiseaux d’Europe (Chen & Zhang, 1987).

    Le Tso-ngonpo (le lac de Kokonor) dans l’Amdo compte à lui seul dix des quinze familles de canards qui ont été recensées. Le lac Kokonor contient aussi une grande variété de poissons. Selon les chiffres chinois, on y a prélevé au total 128500 tonnes de poissons entre 1957 et 1970.

    Quoiqu’elle ne fasse que 67 000 kilomètres carrés, la célèbre Ile aux Oiseaux du lac Kokonor héberge quatre espèces principales lors de leur reproduction : des oies sauvages, de grandes mouettes à tête noire, des mouettes à tête brune et des cormorans, soit environ 93 700 oiseaux au total. Si l’on ajoute à ce nombre les autres oiseaux de l’île (sternes, grues...) , on dépasse les 100 000.

    La région qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler la Région Autonome du Tibet compte à elle seule 2 307 espèces d’insectes, 64 espèces de poissons, 45 espèces de batraciens, 55 espèces de reptiles, 488 espèces d’oiseaux et 142 espèces de mammifères. On dénombre 163 espèces rares et menacées, soit 74 espèces de mammifères, 79 d’oiseaux, 4 de reptiles, 2 de batraciens, 2 de poissons et 2 d’insectes.

    On a recensé plus de 5000 espèces de grandes plantes qui se répartissent en 280 familles. Parmi elles, les plantes ligneuses représentent plus de 100 familles et 300 espèces. Du fait de leur richesse en plantes sauvages (aussi bien du point de vue du nombre d’espèces différentes que de celui des sujets), le Metok, le Tramo (Zhamu en chinois) et le Kyirong sont surnommés le musée naturel des plantes rares.

    Source : Actualités Tibétaines

    La Chine et le nucléaire

    Dans cette première partie, le point est fait sur le développement de l’industrie et de l’arsenal nucléaires en Chine, principalement dans la région du plateau tibétain. La Chine est aujourd’hui la 4ème puissance nucléaire mondiale, immédiatement derrière la France. Dans la seconde partie, nous examinerons l’impact de cette politique sur les populations et sur l’environnement tibétain, à une plus grande échelle, sur cette grande zone du globe.


    Introduction

    Le Tibet occupe une position unique parmi les pays du monde. Non seulement son territoire couvre le plus haut plateau de la planète, mais le Tibet, seule nation entre toutes, a choisi d’abandonner la voie de l’agression et de la technologie militaire afin de se consacrer à la création d’une société dévouée au développement spirituel et à la paix. Conformément à la philosophie du Bouddha, les Tibétains ont créé des universités monastiques où des milliers de personnes ont été formées.

    Le fondement le plus important du bouddhisme est l’ahimsa (la non-violence) ; les hommes doivent s’entraider aussi souvent que possible et éviter de causer du mal. Par conséquent, traditionnellement, le Gouvernement tibétain ne conservait qu’une petite armée et n’a pu se défendre lorsque la puissante armée chinoise a envahi le pays en 1949.

    Les armes nucléaires qui peuvent détruire toute forme de vie et transformer notre belle planète bleue en une terre aride sont donc l’antithèse de la philosophie bouddhiste. Elles tuent sans discrimination et continuent de tuer pendant des milliers d’année. Il est donc particulièrement angoissant pour les Tibétains d’avoir à révéler que leur patrie, dévouée au développement pacifique de l’esprit humain, est devenue sous l’occupation un entrepôt pour les armes nucléaires chinoises et un lieu de déversement des déchets radioactifs. En outre, la Chine aurait même encouragé, à des fins financières, les pays étrangers à envoyer leurs déchets toxiques au Tibet.

    Que sont les armes nucléaires ?

    Les armes nucléaires sont des mécanismes explosifs développés en exploitant le potentiel du noyau atomique. Leur force destructrice vient de la transformation de la matière du noyau atomique en énergie. Il peut s’agir de missiles, de bombes, d’artillerie, d’ogives, de mines et de torpilles. L’arme nucléaire la plus faible est bien plus destructrice que l’arme conventionnelle la plus puissante.

    Cet article a pour objectif de faire la lumière sur les informations disponibles concernant la nucléarisation du Tibet et d’expliquer les raisons pour lesquelles cette situation est particulièrement critique pour les pays "en aval". Or, nous sommes tous "en aval" du Tibet.

    • D’informer sur le développement des armes nucléaires sur le plateau du Tibet.
    • De faire la lumière sur les activités militaires chinoises sur le plateau du Tibet et sur leur impact sur l’environnement du globe.
    • De susciter une prise de conscience mondiale à propos de la nucléarisation du plateau du Tibet.
    • D’éveiller l’esprit du peuple tibétain et de ses amis afin de rendre le Tibet à sa gloire passée.
    • De rechercher une participation internationale pour la restauration et la conservation du plateau tibétain.

    Le développement historique

    En 1949, les soldats de l’Armée populaire de Libération (APL) envahirent le Tibet oriental. Au printemps 1950, la "18ème armée" chinoise entra au Tibet par Dartsedo (Ch. Kanding) à l’est et par la province de l’Amdo au nord-est. La "14ème division" entra par Dechen au sud-est du Tibet. Après avoir occupé les provinces du Kham et de l’Amdo, l’avant-garde de la "18ème armée" entra à Lhassa le 9 septembre 1951, suivie par le gros des troupes le 2 octobre 1951. Il s’agissait des débuts du vaste rassemblement militaire chinois au Tibet qui se poursuit encore aujourd’hui.

    La première arme nucléaire connue a été apportée sur le plateau tibétain en 1971 et installée dans le bassin de Tsaidam (Ch. Qaidam) au nord de l’Amdo (Ch. Qinghai). La Chine possède actuellement trois cents à quatre cents têtes nucléaires dont plusieurs douzaines au moins se trouveraient sur le plateau tibétain dans la province de Qinghai (Chellaney, 1991).

    La Neuvième Académie

    L’Académie du Nord-Ouest de recherche et d’étude sur les armes nucléaires, plus connue sous le nom de la "Neuvième Académie" ou de l’Usine 211, a été construite par le Neuvième bureau pour l’instauration de la production nucléaire chinoise au début des années 1960 afin d’élaborer les premières études de bombes nucléaires. Il s’agit de la ville nucléaire top secret située dans Haibei, préfecture autonome du Tibet, à 100 km à l’ouest de Siling (Ch. Xining).
    La construction de la Neuvième Académie a été approuvée par le défunt dirigeant chinois, Deng Xiaopeng, alors Secrétaire général du comité central du parti communiste chinois. La Neuvième Académie est située à 35.67 N, 101.55 E, à une altitude de 3 033 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 16,1 km à l’est du lac Kokonor, dans un bassin fluvial qui se déverse dans la rivière Tsang chu (Ch. Xichuan-He). Celle-ci devient ensuite le fleuve Jaune (Tib. Machu ; Ch. Huang-He).

    En outré, à la fin des années 1970, la Neuvième Académie a fondé un institut d’industrie chimique afin de mener des expériences sur le retraitement de l’uranium enrichi.
    Durant les années 1960 et 1970, la Neuvième Académie a fonctionné dans des conditions d’urgence afin de développer la capacité nucléaire chinoise. Une quantité impossible à définir de déchets radioactifs, sous forme de boue liquide ou de déchets solides et gazeux, a été rejetée par l’Académie. Le traitement des déchets s’est fait de manière hasardeuse et les registres sont peu rigoureux. Initialement, les déchets radioactifs étaient déversés dans des décharges peu profondes et peu étanches (ICT, 1993).
    Une ligne ferroviaire relie directement l’Académie au lac Kokonor, le plus vaste du plateau tibétain. Des experts en déchets nucléaires estiment que des déchets radioactifs y ont été déversés.

    Le récit fiable d’un Chinois dont le père travaillait comme scientifique spécialiste du nucléaire à Lanzhou fait part d’un accident survenu en 1974 concernant la pollution nucléaire du lac (ITC, 1993).
    De plus la Neuvième Académie est située sur un terrain marécageux ce qui permet à l’eau polluée et aux particules radioactives de s’infiltrer facilement dans les nappes phréatiques qui se jettent dans le lac Kokonor.
    Selon une information de l’agence de presse officielle chinoise, Xinhua, en date du 20 juillet 1995, la Neuvième Académie a été fermée en 1987 et la base déplacée vers d’autres sites dans la province du Sichuan, au Tibet oriental. Cependant, en 1996, des Tibétains vivant à proximité de la Neuvième Académie ont informé le Gouvernement tibétain en exil que du personnel de sécurité chinois surveillait en secret la Neuvième Académie 24 heures sur 24, ce qui met en doute les affirmations chinoises selon lesquelles ce centre de production nucléaire aurait été fermé.

    Un centre de missiles anti-frégates à Drotsang

    Un nouveau centre de production de missiles est situé à Drotsang (Ch. Ledu) (36.05N, 102.5E), à 63 km à l’est de Siling (Ch. Xining). Le nom de code secret de ce site est le 430. Il a été crée en 1986 et s’est développé de manière importante en 1995. C’est un substitut de la Neuvième Académie et il produit des missiles anti-frégates testés sur le lac Kokonor (Chutter, 1998).

    Têtes nucléaires basées à terre

    En 1988, Mark Braine de la BBC a demandé au Major général Zhang Shaosong, Commissaire politique de l’Armée populaire de Libération au Tibet, si des armes nucléaires étaient stockées au Tibet, celui-ci a répondu : "Qu’il y ait ou non des armes nucléaires au Tibet, c’est aux autorités de décider". Et il a souri.

    Les sites de lancement de missiles nucléaires à Tsaidam dans l’Amdo

    Dès 1971, la Neuvième Académie était déjà prête à produire ses premières armes nucléaires. La première production d’armes nucléaires aurait été amenée au bassin de Tsaidam entre le Petit Tsaidam (Xiao Qaidam) et le Grand Tsaidam (Da Qaidam) à l’extrême nord-ouest de la province de l’Amdo (Quinghai). Le bassin de Tsaidam est connu comme l’un des sites de déploiement les plus avantageux en Chine grâce à sa haute altitude et à son isolement.
    La Chine y a établi son site de déploiement de missiles nucléaires et de lancement de missiles DF-4 dans le bassin de Tsaidam au début des années 1970. Le site du Grand Tsaidam (Da Qaidam), situé au nord du Tibet (37.50N et 95.18), possède deux missiles stockés horizontalement dans des tunnels proches des rampes de lancement (Fieldhouse, 1991).

    Selon plusieurs rapports, un site de lancement pour missiles Dong Feng Four (DF-4), aurait été construit à Tsaidam. Ces missiles, situés au Petit et au Grand tsaidam, auraient une portée de plus de 4 000 km, soit la capacité d’atteindr tout le sous-continent indien.
    Le DF-4 est le premier missile balistique chinois intercontinental. Dans les années 1970, leur portée a été étendue de 4 000 à 7 000 km, ce qui permettrait à cette version modifiée actuellement déployée sur le plateau tibétain d’atteindre Moscou ainsi que le reste de l’ancienne Union soviétique (Fieldhouse, 1991).
    Le site du Petit Tsaidam au nord du Tibet est probablement organisé de manière identique à celle du site de déploiement et de lancement du Grand Tsaidam. Les missiles ont été déplacés sur ces sites du plateau du Tibet en 1971 (Lewis & Xue, 1988). Selon des sources diplomatiques de la Campagne internationale pour le Tibet (CIT) à Washington, les missiles nucléaires sont stockés au Petit Tsaidam et ne sont déplacés au Grand Tsaidam qu’en cas d’urgence.

    Le site de lancement de missiles nucléaires à Terlingkha

    Un autre site de lancement de missiles nucléaires est situé à Terlingkha (Ch. Delingha) (36.6N, 97.12E) à 217 km au sud-est de Tsaidam. Il abrite des missiles DF-4 et des missiles balistiques intercontinentaux. Le site de Terlingkha sert de quartier général aux régiments de missiles de l’Amdo, composé de quatre sites de lancement associés. L’organisation des sites est comparable à celle du grand Tsaidam (Chutter, 1998 ; ICT, 1993).

    Une nouvelle division de missiles en Amdo

    Une nouvelle division de missiles nucléaires a également été établie sur le plateau tibétain à la frontière entre les provinces de Quinghai et Sichuan, dans la province tibétaine de l’Amdo. Quatre missiles de type CSS-4 y sont déployés, d’une portée de 12 874 km, ils sont donc capables d’atteindre les Etats unis, l’Europe et n’importe quel point en Asie. Au Total, quatre sites de lancement de missiles nucléaires sont situés dans la province tibétaine de l’Amdo, deux à Tsaidam, un à Terlingkha et un sur la frontière entre les provinces de l’Amdo et du Sichuan (Chutter, 1998).

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    Les bases de missiles à Risur et à Nagchuka

    Dans les années 1970, de nombreux rapports sont apparus concernant l’accumulation d’armes nucléaires.
    Ces rapports ont également confirmé la construction en 1970 d’une base de missiles à environ 16 km au nord de Nagchuka (Ch. Nagqu), dans la Région autonome du Tibet, et le nombre croissant de personnel militaire chinois dans la région.
    Le 14 octobre 1987, un article paru dans le journal australien, The Australian, révélait la présence de missiles nucléaires à Nagchuka. Par la suite, le Parti australien pour le Désarmement nucléaire a exprimé dans un communiqué de presse du 28 octobre 1987 sa profonde inquiétude, affirmant que vingt missiles balistiques de portée intermédiaire et soixante dix de moyenne portée étaient stationnés à Nagchuka.
    L’ouvrage récemment publié par M. Tashi Chutter, Etude confidentielle sur le déploiement des forces chinoises d’occupation au Tibet (1998), confirme la présence permanente de missiles nucléaires à Nagchuka. Ces missiles sont stockés dans des ensembles souterrains sous la montagne Risur, à 25 km au sud-est de Nagchuka.
    Le site de Risur aurait été développé par le gouvernement chinois pour deux raisons principales :comme alternative au site d’essais nucléaires de Lop Nor au Turkistan oriental (Xinjiang), et comme centre de stockage et d’essais des missiles aériens de défense et des armes nucléaires chinois. Le site de Nagchuka cimporterait la plus importante unité aérienne de tous les sites isolés.

    La base de missiles de la montagne Tagho, Nagchuka

    Comme le site de Risur, une autre base de missiles est située à la montagne Tagho (Tib. La montagne de la tête de cheval) dans la vallée éloignée (32.15N, 89.42E) de Pelok, à l’est de Nyima Dzong sous la division administrative de Nagchuka dans la région autonome du Tibet. Des missiles nucléaires et non nucléaires seraient stockés dans les tunnels souterrains de la montagne Tagho. La région entière est décrite comme un désert désolé où seuls des véhicules militaires peuvent pénétrer (Chutter, 1998).

    Les sites souterrains de stockage de missiles à Lhassa

    Dhoti Phu est situé à 3,5 km au nord-ouest de la prison de Drapchi et à 1 km à l’ouest du monastère de Sera. Il a été créé entre les années 1960 et 1970. Occasionnellement vingt à vingt-cinq camions entrant dans le site chargés d’objets de forme allongée recouverts de bâches, ont été observés. Les déplacements de ces véhicules s’effectuent uniquement de nuit. Les bâtiments de stockage souterrains de Dhoti Phu contiendraient des missiles di dui kong (sol air) et di dui di (sol).
    A Lhassa, le jour de la fête de l’Armée chinoise (le 1er Août), de nombreux missiles de ce type ont été montrés au public, montés sur des véhicules de lancement (Chutter, 1998).

    Les missiles à Kongpo

    Un important centre de stockage de missiles est situé à Payi dans le Kongpo Nyingtri (Ch. Nyingchi). Son nom de code secret est le 809 (Ch. Pa Ling Jue). Il est sous le contrôle de la division militaire logistique de Chengdu. Il est approvisionné par les 17ème, 18ème et 20ème régiments de transport de Chengdu et de Lhassa.
    Quelques baraquements ont été observés au pied d’une montagne à Payi où se trouve une entrée qui mène au centre de stockage souterrain.
    De long convois de camions militaires appartenant aux régiments de transport ont également été vus en train de pénétrer dans le centre. Lorsque de nouveaux approvisionnements arrivent, les chauffeurs habituels sont remplacés par des chauffeurs du centre de stockage.
    Des missiles sol air et sol sol seraient stockés sur ce site. Lors d’exercices d’entraînement, de nombreux missiles de ce type sortent du centre. Il est arrivé que l’on en observe jusqu’à quatre-vingt en même temps. Ils étaient montés sur vingt camions, chaque camion portant quatre missiles. Chaque missile mesurait environ une fois et demi la longueur du camion et certains d’entre eux étaient équipés d’ailerons. Lors de ces exercices, des missiles ont été largués à l’horizontale et à la verticale vers des cibles préparées à cet effet (Chutter, 1998).

    Les bases aériennes équipées d’armes nucléaires

    Il existe actuellement en Chine trois types d’avions capables d’accomplir des missions de bombardements nucléaires : le bombardier Hong-6, le bombardier Hong-5 et l’avion de combat Qian-5. Le Hong-6 peut couvrir une distance de plus de plus de 3000 km et peut atteindre des zones en ancienne Union soviétique ou en Inde. Le rayon d’action du Hong-5 est de 1200 km (fieldhouse, 1991). Durant les années 1960 et 1970, les bases aériennes de Lhassa, de Chabcha et de Golmud étaient les trois principales bases militaires aériennes au Tibet. Pendant les années 1960, les bases aériennes de Chabcha et de Golmud servirent de stations de ravitaillement pour les avions chinois en route vers le Tibet et la frontière indienne. La principale base aérienne militaire est celle de Gongkar, située à 97 km au sud ouest de Lhassa. Elle sert aussi de centre de ravitaillement des forces chinoises situées en zone frontalière. A l’aéroport militaire de Shigatsé, quatre ou cinq bombardiers IL-28 ont été déployés ainsi que quelques avions de combat. Des avions de transport militaires de type AN-32 ou IL-18 (russes) ont été remarqués lors de fréquentes opérations à l’aéroport. Chaque automne, ces bombardiers effectuent des exercices d’entraînement aux bombardements sur un site connu sous le nom de Logma thang, à 50 km à l’ouest de l’aéroport. Le restant de l’année, les avions s’entraînent à des exercices de vol (Chutter, 1998). Un rapport confidentiel du Pentagone cité par le Washington Times révèle que des rampes de lancement de missiles à Janshui, près de la frontière sinon-vietnamienne, et à Datong dans l’Amdo (Qinghai) sont équipées de lanceurs CSS-2 et CSS-5 pouvant atteindre des cibles dans la majeure partie de l’Inde. D’autres cibles comprennent la Russie, le Japon et Taïwan, selon une étude confidentielle du Service de Renseignement de l’Armée de l’Air (NAIC).

    Selon le rapport du NAIC, la Chine posséderait actuellement environ quarante lanceurs CSS-2 situés sur six sites de garnison et de lancement. Les lanceurs de la garnison de Datong peuvent viser l’Inde comme la Russie. De plus des satellites espions américains ont révélé la présence de camps d’entraînement de CSS-2 dans la région proche de Haiyan. La Russie a vendu en secret à la Chine cent systèmes avancés d’artillerie équipés d’obus téléguidés, y compris des avions, des destroyers modernes et autres armes de haute technologie. La Chine a acheté à la Russie quelques avions de combat 50 SU-27 et projette d’acquérir deux cent cinquante avions de combat de plus d’ici à 2005. Les SU-27 seront équipés de missiles air-air AA-11 qui sont des fusées téléguidées par radar (The Tribune, 5 juillet 1997). Il paraît clair que la Chine est en train de moderniser ses armes nucléaires et de développer ses missiles à têtes multiples. Les Chinois possèdent désormais une capacité nucléaire intercontinentale. Les missiles balistiques intercontinentaux (MBIC) peuvent atteindre la majeure partie du territoire américain, selon le Général Habiger, Commandant du Commandement Stratégique Américain, cité par le Washington Times. Le Général Habiger a ajouté que le DF-31, un missile terrestre d’une portée de 7247 km, ainsi qu’un nouveau MBIC d’une portée de plus de 11 265 km font désormais partie des nouveaux missiles balistiques intercontinentaux chinois (The Tribune, 3 avril 1998). La Chine persiste à violer le Traité d’Interdiction des Armes nucléaires de 1963. Le 17 Août 1995, elle a fait exploser un engin nucléaire souterrain au site d’essais de Lop Nor au Turkestan occidental (Xinjiang), au nord du Tibet, ainsi que deux bombes nucléaires les 8 juin et 29 juillet 1996.

    Jusqu’ici, et ce depuis la première bombe en 1964 sur le site de Lop Nor, la Chine a procédé à l’explosion de quarante-cinq bombes. La quarante-cinquième explosion du 29 juillet 1996 a eu lieu quelques heures avant la réunion de négociation du Traité sur l’Interdiction totale des essais qui s’est déroulée à la conférence des Nations unies sur le désarmement à Genève. La Chine possède des missiles terrestres, maritimes et aériens, des sous-marins équipés de missiles nucléaires et continue d’acquérir des têtes nucléaires plus petites. Les têtes nucléaires sont chargées sur des missiles à têtes multiples, ce qui augmente considérablement leur capacité balistique. On estime que la force de frappe nucléaire chinoise est 16 000 fois supérieure à la bombe atomique qui fut larguée sur Hiroshima (20 000 kilotonnes de TNT) qui tua 140 000 personnes au Japon. La Chine continue pourtant d’affirmer la nécessité d’essais supplémentaires afin de s’assurer de la sécurité de ses équipements nucléaires (Green Tibet Annual Newsletter, 1995-96). Il a été annoncé aux nouvelles de CNN en date du 7 avril 1998 que la France et le Royaume-Uni avaient ratifié le Traité sur l’Interdiction totale des Essais afin de freiner la prolifération nucléaire internationale et de libérer le monde du danger des armes atomiques. La Chine est l’une des cinq puissances nucléaires avec les Etats unis et la Russie à ne pas avoir encore ratifié ce traité. La Chine a signé le Traité de non-prolifération des armes nucléaires en 1992. Toutefois, quelles que soient les signatures ou les déclarations de la Chine sur la scène internationale, elle ne s’y soumet pas et ne cède pas de terrain. Aucun état n’ose affronter le monstre chinois de peur de perdre un commerce lucratif. Le Tibet et son peuple, coupables de ne pas être représentés aux Nations unies, continuent d’être les victimes d’humiliations tandis que de nombreux Etats du monde tiennent un double langage sur les normes internationales de bonne conduite. Ces Etats continuent d’ignorer la prolifération nucléaire sur le plateau du Tibet car ils ne sont pas conscients des conséquences profondes de tels changements.


    La Chine et le nucléaire

    La seconde partie du rapport sur la politique nucléaire chinoise montre les répercussions du déversement de déchets radioactifs et de l’exploitation de l’uranium sur les populations et sur l’environnement tibétain, ainsi que les conflits internationaux qui en résultent.
    Les déchets radioactifs sont des déchets chimiques contenant leur propre mélange de centaines de structures atomiques distinctes et instables appelées radio-isotopes. Chaque radio-isotope a sa propre durée de vie et son propre potentiel pour envoyer des rayons alpha, bêta et gamma. Ces radiations peuvent provoquer des cancers ainsi que d’autres maladies chez les hommes et les animaux ; encore plus inquiétant, les radiations émises par les déchets radioactifs peuvent provoquer des mutations génétiques ayant pour résultat des malformations à la naissance, etc..

    Les scientifiques n’ont pas découvert de méthode fiable d’enfouissement permanent des déchets radioactifs et les combustibles actuellement utilisés par les usines sont stockés dans du béton qui doit être réfrigéré. Une cuillerée de poudre de plutonium suffirait à détruire la population d’une grande ville.

    Les déchets radioactifs sur le plateau du Tibet

    La Déclaration de Vienne sur les droits de l’homme en 1993 affirme que le déversement de déchets toxiques et de substances dangereuses constitue une atteinte potentielle et sérieuse au droit à la vie et à la santé des hommes.
    La Convention de Bâle, signée en 1992 par plusieurs pays, dont la Chine, et l’interdiction qui s’ensuivit (adoptée par amendement à la Convention en septembre 1995) interdisent le commerce de déchets dangereux entre pays industrialisés et pays non industrialisés. A la quatrième Conférence des Etats signataires de la Convention de Bâle (COP-IV) qui s’est tenue à Kuching en Malaisie du 23 au 27 février 1998, la Chine a accepté à contre coeur le maintien de cette convention qui permet d’éviter que les pays en développement ne tirent des bénéfices du commerce des déchets dangereux. Bien que cela constitue une avancée, la pratique chinoise de déversement des déchets sur le plateau tibétain est, pour le moins, dangereuse.
    Le 18 février 1984, le Washington Post affirmait que la Chine était d’accord pour stocker dans le désert de Gobi jusqu’à 4000 tonnes de déchets radio-actifs issus des réacteurs nucléaires européens en échange de six milliards de dollars. Cette opération devait se dérouler sur une période de 16 ans.

    A l’automne 1988, des informations ont couru chez les Tibétains quant à l’utilisation potentielle du Tibet comme décharge des déchets nucléaires européens. Selon Sa Sainteté le Dalaï Lama, chef spirituel et temporel du peuple tibétain, il existe un document signé prouvant les projets chinois de déversement de déchets nucléaires étrangers au Tibet (Weisskoph, 1984).
    En 1991, Greenpeace révélait que les autorités de Baltimore (Maryland, USA) avaient conclu un accord avec la Chine pour l’envoi de 20 000 tonnes de déchets toxiques urbains au Tibet en échange de 1,44 million de dollars. Les courtiers pour cet envoi étaient California Enterprises et Hainan Sunlit Group, une agence gouvernementale chinoise. Cette dernière entreprise a affirmé que l’autorisation du gouvernement pour de tels envois n’était pas nécessaire et a assuré que les vidanges ne seraient pas renvoyées aux Etats unis. Greenpeace soulignait que le document chinois qualifiait la marchandise de « heni », ce qui signifie limon de rivière en chinois. Les déchets urbains ne sont pas du limon de rivière, a protesté Greenpeace.
    Aux Etats unis, les vidanges issues des usines de traitement de déchets urbains sont généralement mélangées à des polluants toxiques. A Milwaukee, cela a même provoqué des épidémies de scléroses latérales amyotrophiques. Sous la pression internationale, l’envoi en question de déchets toxiques au Tibet n’a pas eu lieu.

    Sa Sainteté le Dalaï Lama, lors d’une conférence de presse organisée par le Syndicat des Journalistes de Karnataka à Bangalore en Inde, a affirmé qu’il possédait des informations authentiques concernant l’existence d’une usine d’armes nucléaires chinoises au Tibet. Il a ajouté que la Chine avait positionné une force d’un million d’hommes au Tibet, démontrant ainsi que la situation dans le territoire occupé était particulièrement explosive (The Statesman, 21 janvier 1992).
    La commission chinoise des Affaires nationales a publié un document dans Xinhua, le 18 avril 1991, assurant que les affirmations relatives à la pollution nucléaire résultant du déploiement d’armes nucléaires et de déchets nucléaires au Tibet étaient absolument sans fondement. Toutefois, la même agence de presse avait reconnu que des déchets nucléaires étaient déversés au Tibet.
    Le 19 juillet 1995, elle rapportait l’existence d’une décharge de 20m3 pour polluants radioactifs dans la préfecture autonome tibétaine de Habei, près des rives du lac Kokonor.
    Ce rapport affirmait que l’établissement militaire d’armes nucléaires (la Neuvième Académie) qui produisait ces déchets avait tenu une politique de haute sécurité durant ces trente années d’opération, ne causant aucune nuisance à l’environnement et la mort d’aucune personne de la base par radiation.
    Le rapport ne contenant aucune information sur la gestion des déchets passée et actuelle. Il expliquait en revanche, selon les termes de M. You Deliang, porte-parole de la Corporation nationale chinoise du nucléaire, comment la Chine avait dépensé de grosses sommes de 1989 à 1993 afin de contrôler strictement les conditions environnementales de la base d’armement nucléaire en retraite. La propagande gouvernementale chinoise est allée jusqu’à affirmer que la préfecture de Habei a déplacé sa capitale du comté de Menynan au site de la base nucléaire désaffectée un mois seulement après un examen par l’Etat en juin 1993. La ville de la bombe atomique (la Neuvième Académie) est donc au service de la prospérité économique du peuple (Xinhua, 19 juillet 1995).
    Un rapport de 1993, Le Tibet nucléarisé, publié par la Campagne internationale pour le Tibet, a approfondi les comptes rendus du docteur tibétain Tashi Dolma concernant des taux anormalement élevés de maladies dans les villes proches de Reshui et Ganzihe. Ce médecin avait également soigné des enfants de nomades qui faisaient paître leurs animaux près de la base appelée Neuvième Académie ou Usine 211, dont sept sont décédés d’un cancer dans les cinq années suivantes.

    Des techniques d’enfouissement peu profond, considérées comme dépassées en Occident, ont été estimées suffisamment sûres en Chine. Concernant le site d’enfouissement des déchets hautement toxiques, les autorités chinoises ont affirmé que la Chine possédait un espace de distribution très étendu et qu’il serait donc facile de trouver un site (UNI, 1988). Le Tibet étant peuplé de minorités nationales et éloigné de Pékin, il constituerait, dans le mode de pensée chinois, un site idéal pour déverser des déchets nucléaires.
    Selon un rapport de l’agence Reuter du 10 novembre 1993, la Chine construirait son premier centre d’enfouissement de déchets radioactifs dans la province aride de l’ouest à Gansu, et prévoirait la construction de trois centres supplémentaires au sud, au sud-ouest et à l’est de la Chine.
    Cela est en concordance avec ses projets ambitieux de pallier par le nucléaire un manque de charbon estimé à 150 millions de tonnes pour l’an 2000 et 1,2 milliard d’ici à 2050. Le centre de Gansu aurait une capacité initiale de 60 000 m3 de déchets radioactifs pouvant s’étendre à 200 000 m3. M. You Deliang, porte-parole de la Corporation nationale chinoise du nucléaire (CNCN), estimait le coût des opérations à au moins cent millions de yuan (12,5 millions de dollars US). Des experts nucléaires de Taïwan ont participé à un symposium organisé à Pékin pour briser la glace entre les fissionneurs d’atomes. La Chine a proposé de traiter les déchets radioactifs taïwanais (Far Eastern Economic Review, 25 mars 1993). Selon l’AFP, le 28 mai 1997, Taïwan aurait refusé l’offre chinoise de traiter leurs 60 000 barils de déchets nucléaires.

    Les impacts locaux

    Le déversement des déchets radioactifs sur le Plateau du Tibet affectera directement la vie des habitants et l’équilibre de l’environnement, à la fois à court terme et pour des millions d’années à venir. Ainsi, la demi-vie de l’uranium (c’est-à-dire le temps nécessaire à ce qu’il perde la moitié de sa radioactivité) est de 4500 millions d’années. Par conséquent, la radiation émise représente un péril pour la santé pour des millions d’années à venir et cela provoquera nombre de maladies mortelles, comme des cancers et des leucémies. La radioactivité affecte aussi l’ADN dans les cellules vivantes, entraînant des désordres et difformités génétiques qui peuvent se transmettre de génération en génération chez les hommes, les animaux et les plantes.

    La fission de l’uranium 235 produit de nombreux autres isotopes radio-actifs, tel le Strontium 90 radioactif, le césium 137 et la barium 140. Ces déchets demeurent radioactifs et dangereux pendant environ 650 ans à cause des isotopes du strontium et du césium. Le plutonium et les autres restent radioactifs pendant un million d’années. Même en petites quantités, le plutonium peut entraîner des dommages cancéreux et génétiques (par reproduction) chez l’être humain. Des quantités plus importantes peuvent provoquer des maladies et des morts par irradiation. Le plutonium est tellement cancérigène que 500 g dispersés de façon égale pourraient générer un cancer chez chaque habitant de la planète (Caldicott 1997). Se débarrasser en toute sécurité de ces déchets radioactifs est un des problèmes qu’à ce jour les scientifiques n’ont toujours pas résolus.

    Les personnes, les animaux et les plantes contaminés

    M. Gonpo Thondup, qui a fui le Tibet pour rejoindre Dharamsala en Inde en mars 1987, a visité deux unités de production d’armes nucléaires dont les noms de code sont 405 à Kyangtsa et 792 à Thewo, dans la région tibétaine de l’Amdo (Qinghai). Sa déclaration a été présentée par M. Tsewang Norbu à la Conférence mondiale sur l’uranium qui s’est tenue à Salzburg, en Autriche, le 14 décembre 1992. On peut lire : "Les effets des expériences et des déchets provenant des sites 792 et 405 se sont révélés dévastateurs. Avant 1960, dans cette région de l’Amdo, les récoltes étaient abondantes et les animaux domestiques en bonne santé. Aujourd’hui le rendement des récoltes s’est réduit, les gens et les animaux meurent de façon mystérieuse et en nombre croissant.
    Depuis 1987, on a constaté une augmentation brusque des décès d’animaux domestiques et les poissons ont disparu. Au cours des années 1989-1990, cinquante personnes sont décédées dans cette région pour des raisons inexpliquées. Durant l’été 90, douze femmes ont toutes accouché d’enfants mort-nés ou morts pendant l’accouchement. Une femme tibétaine, Tsring Dolma (30 ans), a accouché sept fois et pas un seul bébé n’a survécu".
    M. Gompo a ajouté que : "Les personnes vivant près des sites 405 et 792 ont contracté d’étranges maladies qu’elles n’avaient jamais vues auparavant. Les habitants de ces zones ont raconté qu’ils avaient des pertes de mémoire et que de nombreux bébés sont nés avec des malformations. Les gens sont désespérés et ne peuvent que s’en remettre à la religion et aux médecins locaux qui ne connaissent pas les dangers des mines d’uranium, ni des usines nucléaires situées aux alentours". Ceci est une preuve manifeste que l’infâme programme nucléaire de la Chine a régulièrement causé la perte de vies humaines.

    Selon le Tibet Information Network basé à Londres, dans une mise à jour du 11 septembre 1992, au moins trente-cinq Tibétains habitant près des mines d’uranium sont morts en quelques heures après avoir été atteints d’une forte fièvre et de diarrhée caractéristique, à la préfecture de Ngaba, dans la province de Sichuan. En 1984, des habitants des villages de Reshui et de Ganzihe, situés près de la "Neuvième Académie" en Amdo (Quinghai), ont parlé de mystérieuses maladies au docteur tibétain Tashi Dolma et à son équipe. Malgré cela, les autorités chinoises n’ont pas autorisé l’équipe médicale à explorer ces cas rapportés. Le docteur Tashi travaillait à l’hôpital Chabcha, sous la préfecture tibétaine autonome de Hainan, situé exactement au sud de la base nucléaire connue sous le nom de "Neuvième Académie". Elle s’occupait des enfants de nomades dont le bétail broutait l’herbe près de la base nucléaire.
    Ces enfants ont développé des cancers qui ont entraîné une hausse incontrôlable de leurs globules blancs. Sept de ces enfants sont morts au cours des cinq années où le docteur Tashi travaillait dans cet hôpital. Un médecin américain, qui menait des recherches dans ce même lieu, a signalé que ces symptômes étaient similaires à ceux des cancers dus à l’irradiation apparus après les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945. De plus la population nomade a signalé beaucoup de décès et de maladies inexplicables.
    En septembre 1992, la commission d’enquête de la Campagne internationale pour le Tibet (CIT) a découvert que la viande provenant de cette région avait été interdite à la vente dans les magasins par les autorités chinoises. Cependant, les Tibétains pauvres mangeaient fréquemment cette viande contaminée, soit par ignorance, soit par contrainte économique.

    L’exploitation de l’uranium

    Les mines d’uranium sont situées dans diverses régions du Tibet : à Damshung, au nord de lhassa, dans le bassin du Tsaidam (ch.Qaidam), au nord de Golmo (Ch. Golmud), à Yamdrok Tso, et à Thewo (3338N, 10245E) (Ch Tewe) dans l’Amdo méridional, à 254 km de Tsoe au sud de Khanlho (préfecture autonome tibétaine de Gannan). Les gisements d’uranium de Thewo (Ch Tewe) dans la préfecture autonome de Gannan (au sud de la province de Gansu) sont connus pour être les plus importants du Tibet. Le traitement de l’uranium est effectué à 4 km au sud-ouest de Thewo. Au Tibet, à part l’uranium, les Chinois extraient aussi du strontium utilisé pour l’habillage des missiles nucléaires (Chutter, 1998). A la mine d’uranium de Thewo, on prétend que les eaux usées, dangereuses, sont collectées dans des conteneurs de pierre de quarante mètres de haut avant d’être déversées dans la rivière voisine, que les gens utilisent pour boire. Des Tibétains réfugiés en Inde ont fait le bilan suivant sur les exploitations minières : plus de cinquante Tibétains de Thewo sont morts entre 1987 et 1991 de maladies mystérieuses. Les animaux domestiques meurent sans que la cause de leur mort n’ait pu être identifiée.

    Les arbres et les herbes se dessèchent

    La rivière Jampakok est polluée, son eau noire et sent mauvais. Elle se jette dans le Dukchu Karpo (Ch. La rivière Palungjung). Une liste de 24 habitants mystérieusement décédés fait partie des renseignements fournis à notre Bureau. Des témoins ont rapporté qu’avant de mourir ces personnes avaient eu une forte fièvre puis des frissons. Après leur décès, leur peau est devenue bleuâtre. Des animaux sont aussi devenus bleuâtres ou noirâtres après leur mort et leurs organes semblaient comme brûlés.

    Les décès près de la mine d’uranium de Thewo

    Lors de sa visite de la base nucléaire chinoise à Nagchuka en 1988, Vanya Kewley, reporter à la BBC, a interviewé plusieurs habitants de cette région. Dans son livre, Le Tibet : derrière le rideau de glace, Kelsang, un Tibétain, raconte : "De nombreuses personnes ont vu et entendu des mouvements et des bruits. La plupart des gens, ici, ont vu des missiles en provenance de la Chine, et de nombreux voyageurs ont constaté des mouvements de missiles à différents endroits". Plus loin, il ajoute : "La situation ici fait que les animaux attrapent d’étranges maladies mortelles. Certaines personnes meurent aussi et des enfants naissent avec des difformités.
    Dans de nombreux endroits, l’eau est contaminée et donc non potable. Dès que vous en buvez, vous tombez malade et attrapez des maladies que vous n’avez jamais eues auparavant. Les gens tombent malades et vont à l’hôpital. Mais ils ne vont pas mieux et les médecins ne nous disent pas ce qu’ils ont, et puis, il ne faut pas que nous en parlions".

    L’utilisation des prisonniers dans l’industrie nucléaire

    Dans les années 60 et 70, des prisonniers –y compris prisonniers politiques– ont été employés à la construction de l’infrastructure nucléaire de la Chine. En Amdo, d’immenses camps de travail pour les prisonniers ont été installés près des sites des missiles nucléaires. A côté des silos de Terlingkha (Ch. Delingha), se trouve la "Ferme Delhingha", l’un des trois plus grands camps de travail en Chine aujourd’hui, avec un nombre de prisonniers estimé à 100 000. Les deux sites de missiles nucléaires dans le centre de l’Amdo, le "Grand Tsaidam" (Da Qaidam) et le "Petit Tsaidam" (Xiao qaidam) ont eux aussi, à proximité, des camps de travail assez importants. Harry Wu, ancien prisonnier politique chinois, raconte que des camps de rééducation par le travail en Amdo emploient des prisonniers pour l’extraction du minerai radioactif. Les prisonniers sont, de plus, obligés de rentrer sur les bases d’essais nucléaires pour y accomplir des travaux dangereux. Les prisonniers politiques et de droit commun sont aussi employés dans l’équipement nucléaire à Lanzhou, province de Gansu (ICT, 1993). La campagne internationale pour le Tibet aux USA en 1993 a confirmé que le travail des prisonniers avait permis la construction des installations nucléaires de Lop Nor, la "Neuvième Académie" et de Lanzhou.

    Les impacts transnationaux

    La plupart des sites de stockage de déchets radioactifs sur le plateau tibétain ont des normes de sécurité minimales, quand toutefois il y en a. Les effets des polluants radioactifs nocifs, déversés n’importe où sur le plateau, se feront sentir bien au-delà de ses confins, d’autant plus que c’est là que naissent dix des plus grands cours d’eau de l’Asie. Ce système fluvial influence de façon importante des zones écologiques interdépendantes qui partagent les mêmes anomalies climatiques.

    La pollution atmosphérique

    La pollution due aux déchets nucléaires sur le plateau du Tibet, en plus des conséquences locales, a également des implications transnationales.
    Les vents de haute altitude (courants aériens) qui soufflent sur le plateau du Tibet peuvent transporter des polluants radioactifs en provenance du Tibet sur toute la surface de globe, et ainsi avoir des conséquences sur d’autres pays, puisqu’aucune frontière ne peut être élevée pour contrôler la pollution atmosphérique. Le plateau du Tibet est une zone sismologique active.
    Par conséquent des accidents graves, dans des sites nucléaires et des usines d’armes atomiques, peuvent mettre en danger la vie des gens et l’équilibre naturel de l’environnement. Lorsque s’est produit l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl dans l’ancienne Union soviétique en 1986, la poussière radioactive a voyagé sur 1 529 km dans toutes les directions, causant des dommages irréparables parmi les populations, les biens et l’environnement (Chitkara, 1996).

    La contamination de l’eau et du sol

    M. Pan Ziqiang, directeur de la sécurité à la Compagnie nationale de l’industrie nucléaire dirigée par l’Etat, a déclaré que jusqu’à maintenant tous les déchets radioactifs de la Chine avaient été déposés dans des conteneurs de béton qui ne sont sûrs que pour une dizaine d’années seulement. M. Luo Guozhen, du Bureau d’Etat pour la protection de l’environnement, dit que 1 200 personnes ont été très irradiées entre 1980 et 1985 et que vingt d’entre elles sont décédées. Il a affirmé que les directeurs, qui ignoraient les règlements concernant la manutention des déchets radioactifs, étaient en partie à blâmer pour les fuites de radioactivité (SMP, 1989).
    En raison de leur vieillissement, les conteneurs de béton de déchets nucléaires enfouis dans le sol suinteront, et contamineront l’eau des sources, et celles-ci sont généralement utilisées pour l’agriculture et la boisson. L’eau de source contribue pour une part significative dans les ressources en eau de la Chine.
    Des rapports en provenance du Tibet confirment que les réserves souterraines en eau de l’Amdo diminuent à un rythme très rapide ; Les nappes phréatiques qui constituent une des sources majeures des réserves d’eau potable, une fois contaminées, sont impossibles à nettoyer. Par conséquent, n’importe quel genre de pollution, mais particulièrement la contamination radioactive de l’eau du sous-sol, est particulièrement inquiétante. (Chitkara, 1996).

    La pollution des cours d’eau et les inondations

    Les déchets radioactifs déversés au hasard près des cours d’eau pollueront les rivières, les lacs et les sources. Comme le Tibet est le premier réservoir d’eau pour la majeure partie de l’Asie du Sud et du Sud-Est, l’impact de la pollution des sources sur la structure sociale et économique des peuples qui vivent dans les pays situés en aval s’avérera désastreux. Principalement à cause de la toxicité des déchets nucléaires ou des rejets industriels toxiques qui sont déversés, des pays comme la Chine, le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh, la Birmanie, la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, le Bouthan, et le Vietnam seront sévèrement touchés et donc forcés de modifier leurs moyens d’existence.
    Le déboisement massif du plateau du Tibet contribue largement au dégarnissement des environs des cours d’eau en aval et aux inondations destructrices de plus en plus nombreuses qui se produisent chaque année. Des fleuves comme le Brahmapoutre, le Yangtsé, le Hwangho, le Salween, le Sutlej, l’Indus, le Mekong et d’autres, peuvent également charrier des déchets d’origine nucléaire provenant des mines d’uranium du Tibet. Ces eaux se déversent en fin de parcours dans la mer d’Arabie, la baie du Bengale et la mer de Chine du Sud.

    Cette catastrophe écologique effrayante doit se mesurer à l’échelle planétaire

    Entre 1985 et 1994, 36 000 hectares de terres agricoles en Chine ont, chaque année, subi des pertes de terre arables, particulièrement le long du Yangtsé et du fleuve jaune, qui naissent tous les deux au Tibet. L’érosion des sols a provoqué l’élévation du niveau du lit des fleuves de plusieurs mètres au-dessus des champs environnants, accentuant ainsi l’importance des inondations.
    Depuis 1990, les principaux cours d’eau de la Chine ont inondé d’immenses étendues, pratiquement tous les ans (UNDP, 1997). Plus de 1600 personnes ont été noyées lors des inondations du Yangtsé en juillet 96. En fait, ces crues de fleuves ont touché un Chinois sur dix (FEER, 1996). Dans une étude approfondie portant sur les grands bassins fluviaux de la Chine, effectuée en 1994, seulement 32 % de l’eau des cours d’eau ont été déclarés aux normes nationales pour la consommation. Une partie importante de la population chinoise ne peut compter que sur des eaux plus ou moins polluées pour sa consommation, bien que les estimations diffèrent considérablement. –UNDP, 1997).

    A la Conférence de Sydney sur « Le Tibet en danger », tenue le 28 septembre 1996, Sa Sainteté le Dalaï Lama a dit : « Dans la région de Dingri, dans le sud du Tibet, il y a cinq ans, un Tibétain m’a parlé d’un cours d’eau que tous les habitants employaient pour leur consommation. Il y avait également des Chinois qui habitaient à cet endroit. Les résidents chinois qui appartenaient à l’Armée de Libération du Peuple (ALP) avaient été avertis qu’il ne fallait pas boire l’eau de la rivière car elle était polluée par une usine située en amont. Mais les Tibétains ne l’ont pas été. Ils continuent à boire cette eau polluée. Ceci montre quelle sorte de négligence est à l’œuvre ici. Ceci n’est évidemment pas dû à un manque de prise de conscience mais plutôt à d’autres raisons.

    La tension internationale

    Pékin n’a toujours pas trouvé de solutions aux disputes territoriales concernant les frontières terrestres et maritimes avec les pays s’étendant géographiquement de l’Inde à la Corée du Nord jusqu’à l’Indonésie, sans parler de Taïwan. Le chiffre de 63,1 milliards de yuans (&7,5 milliards) du budget de 1995 du gouvernement chinois pour la défense a été écarté, jugé ridiculement bas par les analystes militaires.
    Des estimations indépendantes des dépenses annuelles militaires de la Chine varient de 10 à 15 milliards de dollars. La Chine possède 9 200 tanks, 51 sous-marins, 55 destroyers et frégates, 870 patrouilles et garde-côtes, 5 845 avions de combat. (Far Eastern Economic review, 13 Avril 1995).
    Avec un total de Presque 434 armes nucléaires et un système de tirs à trios niveaux, la Chine est véritablement une puissance nucléaire avec laquelle il faut compter. Elle possède deux types de missiles balistiques intercontinentaux (MBIC) avec un rayon d’action de 7000 à 11 000 km. Ceux-ci sont armés d’ogives de deux et cinq mégatonnes Douze de ses sous-marins sont équipés de missiles balistiques ayant un rayon d’action de 2 700 km. La Chine possède 120 bombardiers TU-16 ayant un rayon d’action de 3 100 km.
    Elle aurait acheté soixante avions SU-27 à la Russie et des missiles sol-sol d’un rayon d’action de 5 000 km (Asiaweek, 18 septembre 1992). La possession d’un arsenal aussi moderne crée un déséquilibre stratégique qui provoque une tension certaine en Asie du Sud-Est.

    La Chine a admis qu’elle possédait des armes nucléaires puissantes : "Nous avons développé un nombre limité d’armes nucléaires stratégiques simplement pour rompre le monopole nucléaire, nous opposer au chantage, contenir une éventuelle attaque nucléaire et créer un environnement favorable à la construction de la Chine" ; ce sont là les paroles de Yang Guoliang, Commandant de la force de la seconde Artillerie (FSA) de l’Armée de Libération du Peuple, telles que les ont transmises les médias officiels chinois. (TOP, 1994).
    Un nouveau rapport de la CIA dit que treize des dix-huit missiles longue portée de la Chine ont chacun une ogive nucléaire pointée vers les grandes villes des Etats unis. Citant des documents secrets envoyés à de hauts responsables politiques avant la visite de la Secrétaire d’Etat Madeleine Albright, à Pékin le 30 avril, le Washington Times indique que les treize missiles CSS-4 pointés sur les Etats Unis (rayon d’action de plus de 12 874 km) montrent bien que la Chine considère les USA comme son adversaire stratégique principal. (The Indian Express, 2 mai 1998).
    La Chine fournit des missiles et des armes technologiques à des pays comme la Russie, l’Iran, la Syrie, le Pakistan. En fait, ces dernière années la Chine est devenue l’un des principaux fournisseurs d’armes sur le marché international, derrière les quatres autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Ceci est une menace pour la paix et la sécurité de notre planète.

    La tension entre l’Inde et la Chine

    Selon un rapport présenté par l’auteur américain John F. Avedon au Comité des Relations extérieures du Sénat américain, le 17 septembre 1987, "un quart de la force des 350 missiles nucléaires de la Chine se trouve au Tibet". Le 28 octobre 1987, dans un communiqué de presse, le Parti australien pour le Désarmement nucléaire a exprimé sa profonde inquiétude et a déclaré que l’on a signalé en Chine des missiles nucléaires déployés comme suit : 70 à moyen rayon d’action et 20 à rayon d’action intermédiaire à Nagchuka, sur la base MBIC à Nyingtri, Kongpo et Powo Tramo, et des réacteurs nucléaires à Golino. Le déploiement de ces missiles nucléaires pourrait viser l’Inde dans un premier temps. (TOI, 1988).
    Depuis longtemps, l’Inde accuse la Chine de la menacer d’une attaque nucléaire. Ceci a conduit l’ancien ministre des Affaires étrangères de la Chine, Zhou Enlai, à rétorquer que si la Chine voulait vraiment anéantir l’Inde, il rassemblerait 100 millions de Chinois au Tibet et leur ordonnerait d’uriner en contrebas pour que ce flot emporte l’Inde dans l’océan. La remarque de Zhou indique bien l’importance stratégique capitale de l’Himalaya. Tous les grands fleuves de l’Inde prennent leur source dans l’Himalaya. (Margolis, 1997).
    Le développement rapide en Inde d’un arsenal nucléaire, d’une marine puissante, de missiles tactiques à moyenne portée, a augmenté la tension entre Delhi et Pékin.
    Des informations provenant des services de renseignements indiquent que le nouveau missile indien de portée intermédiaire, appelé Agni, a été conçu pour lancer des ogives nucléaires sur des cibles chinoises situées aussi loin que les centres industriels majeurs de Chengdu, Lanzhou, Xian et Wuhan. Une version à plus longue portée (5 000 km, capable de toucher Pékin, est en train d’être mise au point. Les services de sécurité indiens disent que l’Agni est un missile de contre-offensive destiné aux missiles chinois pointés sur le Nord de l’Inde à partir du plateau du Tibet. (Margolis, 1997).
    La Chine a fourni plus de cinquante missiles M-11 au Pakistan entre 1992 et 1994. En 1995 elle a également fourni cinq mille aimants nucléaires servant à l’enrichissement de l’uranium pour la fabrication des bombes nucléaires à Kahuta. Le Pakistan a stocké les missiles M-11 dans des caissons sur la base aérienne de Sargodha et il est en train de construire une usine de fabrication de missiles, en utilisant un équipement chinois. Ce commerce illicite est une violation évidente, par la Chine, du Traité de non-prolifération des armes atomiques qu’elle a signé en 1992. En 1997, le Pakistan a annoncé qu’un autre missile, le Haft-III, en fait le missile chinois M-9, avait été mis au point avec succès. (India Today, 1998).
    Selon des experts indiens de la défense, la Chine a fourni au Pakistan un savoir-faire technologique pour produire des missiles balistiques sol-sol appelés Ghauri. Le Pakistan a testé avec succès les missiles Ghauri. Le Pakistan a testé avec succès les missiles Ghauri pour répliquer aux Agni de l’Inde, le 6 avril 1998. Jasjit Singh, commandant de l’Armée de l’Air, directeur de l’Institut indien des Etudes et Analyses de la Défense, a déclaré : "De toute évidence, le Pakistan est en train de légitimer ses programmes de missiles comme étant les leurs propres alors qu’ils ont l’aide de la Chine" (TOI, 1998). Le missile pakistanais Ghauri n’est rien de plus qu’un des premiers CSS-5 (DF-21) livrés par la Chine au Pakistan d’après le quotidien indien The Tribune du 15 avril 1998.
    Des rumeurs affirment que M. George Fernandes, ministre de la Défense de l’Inde, a déclaré que la Chine est "la menace potentielle numéro un" pour l’Inde et que celle-ci est entourée par l’armée et la marine chinoises. Il a jouté que la Chine avait massivement stocké ses armes nucléaires au Tibet, le long de la frontière avec l’Inde, et qu’il y avait eu un agrandissement certain des aérodromes militaires au Tibet, là où les dernières versions de l’avion de combat russe, le Sukhoi (SU-27), allaient être stationnées. "Et ceci vient de se passer au cours des six derniers mois", a-t-il ajouté. (The Tribune, 4 mai 1998).
    Le 11 mai 1998, l’Inde a effectué trois essais nucléaires, suivis de deux autres le 13 mai, à Pokhran au Rajasthan.
    De nombreux experts pensent qu’il s’agit d’une réponse à la concentration militaire massive de la Chine sur le plateau du Tibet. Dans une lettre adressée au Président des Etats unis, Bill Clinton, le 11 mai 1998, le premier ministre de l’Inde, A.B. Vajpayee, a déclaré : "Nous avons à nos frontières un Etat possédant ouvertement l’arme atomique, un Etat (la Chine) qui a perpétré une agression armée contre l’Inde en 1962...".
    "Pour ajouter à cette angoisse, ce pays a aidé matériellement un autre de nos voisins (le Pakistan) à devenir un Etat possédant l’arme nucléaire de façon voilée".
    L’Inde a réfuté la condamnation par la Chine de ses essais nucléaires, faisant remarquer que la Chine a déjà effectué quarante-cinq essais nucléaires (The Time of India, 18 mai 1998). Aussi la tension entre l’Inde et le Pakistan est-elle extrême.

    L’action internationale

    La protection de l’environnement du plateau du Tibet garantit la pureté des cours d’eau principaux qui y prennent leur source pour aller alimenter, en aval, la vie de millions de gens en Asie. La production d’armes atomiques par la Chine, ses essais et déchets nucléaires, mettent en danger la vie de millions de personnes en Asie. Avant qu’il ne soit trop tard, des actions internationales et militantes doivent être menées pour faire comprendre aux Chinois, et à toute la communauté environnante, quelles sont les conséquences de la politique nucléaire de la Chine

    Certaines campagnes d’action pourraient comprendre :

    • L’envoi de lettres aux parlementaires, représentants gouvernementaux, exprimant des inquiétudes quant à la nucléarisation du plateau du Tibet pour ce qui concerne l’ONU.
    • L’organisation de manifestations de rue, de concerts, de discussions, de conférences sur le Tibet et les impacts écologiques internationaux des déchets nucléaires sur le plateau du Tibet.
    • Inviter la Chine et d’autres nations possédant des armes nucléaires à entreprendre immédiatement des négociations pour une convention sur les armes nucléaires qui interdirait et éliminerait tout l’armement atomique d’ici un siècle.
    • Prendre contact avec Abolition 2000 et autres réseaux mondiaux pour éliminer les armes nucléaires en l’an 2000 (e-mail : waginpeace@napf.org) et leur fournir également toutes les informations concernant la nucléarisation du Tibet.

    Six mesures que la Chine et les autres Etats nucléaires doivent prendre pour créer un monde sans nucléaire :

    • Poursuivre très sérieusement le but de l’éradication des armes atomiques.
    • Entreprendre des réductions significatives dans le temps de l’arme nucléaire.
    • Augmenter la transparence et le dénombrement des armes nucléaires.
    • Bannir la production et la vente d’armes nucléaires.
    • Appliquer un embargo international et des sanctions contre ceux qui rompent les traités.
    • Faire prendre conscience au public et aux dirigeants politiques du danger que représentent les armes nucléaires.

    Conclusion

    Le plateau du Tibet a été militarisé par la Chine pour ses propres intérêts à court terme, sans considération aucune pour la vie et le bien-être du peuple tibétain et de son environnement. Etant donné les piètres résultats du traitement des déchets nucléaires par la Chine et le manque de technologie pour le stockage des déchets nucléaires, les conséquences de la nucléarisation du plateau tibétain sont, pour le Tibet, la Chine et les Etats voisins, véritablement alarmantes.

    La militarisation du plateau du Tibet est un problème régional et plus globalement un problème majeur, car c’est là que naissent les principaux cours d’eau de l’Inde, de la Chine, du Népal, du Pakistan, du Bouthan, de la Birmanie, du Bangladesh, de la Thaïlande, du Cambodge, du Vietnam et d’autres Etats. Le bouleversement écologique du haut plateau tibétain affecte également les courants aériens et il est prouvé que ceux-ci sont liés à l’environnement du continent asiatique et aux courants climatiques du monde entier.

    L’autel de la Terre –le plateau du Tibet- doit être sauvé d’un holocauste nucléaire. Cette responsabilité incombe au gouvernement chinois mais aussi aux Tibétains et à la communauté internationale. Nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard. Sa Sainteté le Dalaï Lama s’est fait le champion de la non-violence et a proposé au gouvernement de la Chine que le Tibet devienne zone de paix, comme il l’a déclaré dans son plan de paix en cinq points, le 21 septembre 1998, à Washington.

    La Chine a maintes fois juré qu’elle n’était pas une nation qui utiliserait la force nucléaire la première et qu’elle se positionnait fortement en faveur de la suppression des armes nucléaires (Bretter, 1998). A la deuxième session du comité préparatoire de la Conférence des partis de l’an 2000 pour le traité de non-prolifération des armes atomiques (NTP) qui s’est tenu à Genève le 27 avril 1998, le chef de la délégation chinoise a réclamé qu’un accord pour une interdiction totale des armes nucléaires soit conclu très rapidement, comme celui pour l’interdiction des armes chimiques et biologiques (Xinhua, 27 avril 1998).

    Des signes positifs

    Si le gouvernement chinois est sérieux dans ses intentions, il devrait démonter les armes nucléaires installées sur le plateau du Tibet pour montrer sa bonne volonté, et déclarer le Tibet zone de paix. Il devrait redonner au Tibet son statut traditionnel d’Etat tampon entre les deux nations les plus peuplées du monde, la Chine et l’Inde. Une telle action ne serait pas simplement bénéfique pour le Tibet, l’Inde et la Chine, mais pour l’ensemble du continent asiatique et les millions d’habitants de notre planète. Si de telles initiatives se concrétisent, elles seront un encouragement pour la construction d’un monde d’amitié et de compassion dans lequel nos enfants pourront vivre avec tous les autres êtres.

    Par Tsultrim Palden Dekhang
    Green Tibet, Annual Newsletter 1998
    Source : Actualités Tibétaines

    Le drapeau du Tibet

    On sait que le Tibet est une des plus anciennes nations du monde. C’est pourquoi dans ses trois régions (Amdo, Kham, U Tsang), sans distinction de caste ou de croyance, le drapeau que les Tibétains ont hérité de leurs ancêtres, est révéré par tous.

    • Le triangle blanc qui s’appuie sur la base représente le pays du Tibet sous la forme d’une montagne de neige.
    • Les 6 rayons rouges se déployant dans le ciel symbolisent les 6 tribus qui sont à l’origine du Tibet : les Se, Mu, Dong, Tong, Dru et Ra.
    • Les couleurs alternées, rouges pour les peuples, bleu foncé pour le ciel, figurent les efforts incessants pour conserver et protéger la règle spirituelle d’une conduite vertueuse. Cette règle a été promulguée par deux déités protectrices, l’une rouge, l’autre noire, qui depuis longtemps l’ont sauvegardée.
    • Les rayons d’or qui partent du soleil, se levant au dessus de la montagne des neiges, symbolisent la lumière de la liberté, le bonheur et la prospérité matériels et spirituels dont bénéficie tout le peuple.
    • Le groupe puissant de deux lions des neiges, dont la face est marquée de cinq traits brillants, symbolise la victoire totale sur tous, obtenue grâce aux actions du gouvernement temporel et spirituel.
    • Les trois joyaux colorés qui les surmontent, éclatant de lumière, représentent la continuelle vénération du peuple tibétain pour les trois Pierres Précieuses : les objets protecteurs.
    • Les deux lions des neiges portent un écu de béatitude, en deux couleurs. Cela symbolise l’observance personnelle d’une attitude morale, en accord avec les traditions qui sont principalement représentées par les dix actions vertueuses divines et les seize règles morales humaines.
    • La bande jaune d’or, qui décore le drapeau sur trois côtés, symbolise la prospérité et la diffusion des enseignements du Bouddha, enseignements qui sont "comme du pur or fin, sans limites de directions ni de temps".

    L’hymne national du Tibet

    Si chi p’ène dé deu kou tchoung ouè tér
    T’oup tène same p’él nor pu eu nang bar
    Tène dreu nor dzine guia tchér kyong ouè gueune
    Trine lè kyi reul ts’o guiè
    Dor djé kame sou tène pè tchok kune tchame dzé kyong
    Name keu ga oua guia dène ou pang koung la rék
    P’une ts’ok dé chi nga t’ang guiè
    Peu djong tch’eul k’a soume gui k’yeune la dé kyi dzok dène sar pè kyap
    Tch’eu si kyi pèl yeune tar
    T’oup tène tch’ok tchour guiè pè dzame ling yang pè kyé kou chi dé pèl la tchor
    Peu djong tène dreu gué ts’ène nyi eu kyi tra chi eu nang boume tou tr’o ouè si
    Nak tch’ok mune pè yul lè guièl guiour tchik

    Que la Parole du Mouni –trésor d’où jaillissent tous les bonheurs et bienfaits du samsara et du nirvana –scintille de l’éclat du joyau qui exauce les désirs.
    O Protecteur qui veillez sur l’immense royaume de la doctrine et des êtres, puisse s’étendre l’océan de vos activités.
    Demeurez parmi nous dans l’inaltérable du diamant et déployez votre protection à toutes les directions, avec amour et compassion.
    Que l’état munificent assure son pouvoir influent !
    Que grandisse l’empire des quatre excellentes valeurs !
    Qu’un bonheur nouveau et sans faille se répande au Tibet sur l’ensemble des trois provinces.
    Que rayonne la gloire prestigieuse du spirituel et du temporel !
    Que l’enseignement du Mouni irradie dans les dix directions et amène tous les êtres du vaste monde à jouir de la paix et du bonheur.
    Les qualités de la doctrine et du peuple tibétain resplendissent comme un soleil qui émettrait des myriades de rayons bienfaisants.
    Puisse leur pouvoir éclatant être vainqueur dans le combat contre l’ignorance !

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